Mathieu Lagassé-Gagnon a entrepris sa carrière de criminel adulte avec une peine de pénitencier de 24 mois dans un dossier de voies de fait causant des lésions.

Au pénitencier à 18 ans

Le Jonquiérois Mathieu Lagassé-Gagnon entreprend sa carrière de criminel adulte avec une peine de 24 mois de détention pour avoir aidé à passer à tabac un individu pour une supposée dette de 100 $.
L'individu a célébré son 18e anniversaire de naissance en septembre 2016. Moins de deux mois plus tard, il s'est rendu à l'appartement d'une connaissance en compagnie de complices afin de récupérer la somme d'argent.
Me Marie-Audrey Chassé, procureure de la Couronne, a résumé les faits au juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, car le client de Me Julien Boulianne a enregistré des plaidoyers de culpabilité dans les 12 dossiers amenés au tribunal. Les deux avocats ont présenté une suggestion commune de 24 mois de pénitencier.
L'accusé a reconnu sa culpabilité dans le dossier de voies de fait causant des lésions et d'introduction par effraction chez la victime. Il a profité de l'occasion pour faire des aveux aux policiers pour une introduction par effraction et un vol chez les propriétaires du restaurant Pachon (il avait dérobé des bouteilles de Porto d'importation de grande valeur), à des bris de probation et à une fraude par carte de crédit.
Argent à récupérer
L'événement principal est survenu dans la nuit du 14 au 15 novembre 2016. Le groupe d'individus décide qu'il est temps de reprendre à la victime ce qui leur est dû.
Fortement intoxiqués par l'alcool et la drogue, l'accusé et ses compagnons se sont d'ailleurs demandé, chemin faisant, s'ils allaient battre leur victime si elle se trouvait sur place.
Rendus à l'appartement de la rue Saint-Michel à Jonquière, les individus ont lancé une douzaine d'oeufs sur les murs et ont ensuite fracassé une vitre pour s'introduire par effraction dans le logement.
Ils ont commis du méfait et volé divers objets, dont un téléviseur, afin de récupérer la somme qui était due. 
Avant de partir, ils ont trouvé leur victime endormie dans son lit. Celle-ci avait consommé des stupéfiants et ne s'était rendu compte d'absolument rien.
À l'aide d'une barre de métal, recouverte de ruban gommé, un des coaccusés a frappé l'individu aux jambes et au visage, lui occasionnant des fractures à la mâchoire, au nez et aux joues, sans oublier de nombreuses ecchymoses. 
L'individu porte encore les affres de cette attaque gratuite, car une plaque d'acier a dû lui être installée au visage.
À son réveil, la victime ne s'est pas aperçue qu'elle avait été battue. Ce n'est que plusieurs heures plus tard que les choses se sont mises en place. Une plainte a été déposée à la Sécurité publique de Saguenay pour le vol d'un téléviseur.
Lors de l'enquête, les agents se sont rendu compte que la victime avait été sérieusement battue et ont pu faire un lien avec la plainte de vol. Cela les a menés à Lagassé-Gagnon et ses complices.
L'accusé est détenu depuis le début du mois de décembre 2016, au moment où il a été arrêté. Il est demeuré incarcéré pour terminer une peine dans un dossier jeunesse. En février 2017, il a été envoyé en thérapie, mais en a été expulsé trois mois plus tard. Il a repris le chemin de la prison immédiatement.
« Je connais l'accusé depuis qu'il est passé au tribunal de la jeunesse en 2014. J'espère qu'il va embrasser les services qui lui seront offerts au pénitencier dans l'espoir que c'est la dernière fois qu'on le voit ici », note Me Marie-Audrey Chassé, de la Couronne.
En défense, Me Boulianne croit qu'il est possible de récupérer son client.
« Il commence par la grande porte, mais je crois qu'il est possible de le réhabiliter, s'il vient à bout de sa problématique de consommation », note-t-il.
Le juge Hudon n'a pas caché que la carrière professionnelle débutait assez difficilement.
« Mais les deux procureurs semblent croire qu'il est possible de vous replacer. Je ne peux que l'espérer aussi. C'est à vous d'y voir », a conclu le magistrat.