Christian Gagné recevra sa sentence en juillet prochain.

Attouchements: peine possible de deux ans

Christian Gagné, l’ex-chiropraticien qui a été reconnu coupable en 2008 d’avoir agressé huit patientes, pourrait passer les deux prochaines années en prison pour avoir touché les fesses d’une personne mineure.

C’est ce que le ministère public réclame pour le quinquagénaire qui s’est recyclé en ostéopathe pour chevaux dans les Laurentides.

Gagné était de retour au palais de justice de Chicoutimi, mercredi, pour les représentations sur sentence. On reproche à l’individu d’avoir massé les fesses d’une personne mineure, lors d’un passage à Saguenay à l’été 2016. Le contact, qui s’est déroulé pendant un massage thérapeutique, a duré quelques secondes. Appelé à la barre, Gagné a une fois de plus avoué le geste, tenant toutefois à préciser qu’il n’a retiré aucun plaisir sexuel. 

La Couronne suggère une peine exemplaire, en raison des antécédents de Gagné qui ont d’ailleurs fait les manchettes à l’époque. Le chiropraticien avait touché des patientes âgées de 17 à 62 ans, entre 1991 et 2006. Il se masturbait au bureau, il s’arrangeait pour fixer des rendez-vous pendant que les secrétaires étaient absentes, il a massé les seins de ses patientes et même introduits ses doigts dans le vagin. Il avait également des relations sexuelles avec des secrétaires.

À cette époque, c’est entre autres choses le manque de confiance en soi, la culpabilité liée à la religion et à une mauvaise gestion de la colère qui avaient amené le chiropraticien à poser ses gestes, a expliqué Isabelle Crouzet, psychologue spécialisée en criminologie, témoin expert de la défense. Des problèmes que Gagné aurait réglés au cours de la dernière décennie et par l’entremise d’une foule de thérapie.

« Quelqu’un qui grandit en pensant que le sexe c’est mal, c’est pêché, ça peut avoir des impacts dans le futur. » Cela a résulté en une «  fascination sexuelle qui débordait dans son travail », a décrit Mme Crouzet, en parlant des agressions qui se sont produites dans son cabinet.

Cette dernière a également affirmé que l’individu ne représente pas un risque de récidive, malgré le contact aux fesses survenu en 2016. Cette dernière a basé son analyse sur des outils qui ont fait leur preuve et non sur ses impressions, a-t-elle répété à plusieurs reprises. 

L’avocate de Gagné, Me Sylvie Bordelais, a quant à elle suggéré une peine de prison de 90 jours, à purger de manière discontinue. « Monsieur est un actif pour la société, un actif pour sa famille. En le sanctionnant plus gravement, on n’avance pas », a laissé tomber Me Bordelais. 

Ordonnance

Une ordonnance de non-publication a été émise pour éviter de dévoiler certaines informations qui pourraient identifier la victime. Le juge Paul Guimond rendra sa décision le 5 juillet, au palais de justice de Chicoutimi.