Atchoum harcelée par une résidente de l'Outaouais

Une résidente de Mayo, en Outaouais, a reconnu avoir harcelé pendant des mois le clown Atchoum, bien connu dans le show-business enfantin, vendredi. L’accusée, Maude Gaumont, a plaidé coupable à trois chefs de harcèlement et de production de faux messages.

L’actrice qui incarne le clown, Véronique Gagné, est toujours stupéfaite des événements terrifiants des deux dernières années.

La première rencontre entre l’actrice et la femme remonte à 2017, lors d’un spectacle présenté à Mont-Tremblant. La chimie a bien passé entre les deux femmes, au point où Maude Gaumont lui a demandé si elle était disponible pour se déplacer à Gatineau, afin de tenir un spectacle-bénéfice pour financer des traitements dans des chambres hyperbares pour des enfants.

La femme avait alors dit à Atchoum qu’elle avait une belle influence sur une enfant de son entourage.

Un mois après cette rencontre, c’était le début d’un long calvaire pour le clown, bien connu des enfants et de leurs parents.

Un contrat de spectacle a été signé.

Véronique dit avoir reçu de faux messages provenant de 40 personnages différents. «Ces 40 personnes, dit la victime, c’était elle.»

L’artiste, toutefois, ignorait alors de qui provenaient ces messages.

Ce «cirque» durait déjà depuis six mois, lors de la présentation du spectacle-bénéfice, à Gatineau. L’artiste ne savait toujours pas, à ce moment, qui se cachait derrière les nombreux messages tordus.

«Nous avons même partagé la scène, pendant ce spectacle», se souvient Mme Gagné.

Selon la plaignante, Maude Gaumont s’est entre autres fait passer pour une journaliste, un pédophile, et une infirmière.

«La ‘journaliste’ me demandait si je m’étais engagée pour d’autres événements. Dès le début, je recevais des messages comme: Fais pas le spectacle, sinon, si demain (tel enfant) est à son spectacle, ça va mal aller, etc.»

Puis, Maude Gaumont s’est mise à suivre l’artiste dans tous les coins du Québec, jusqu’en Ontario. «De Jonquière à Granby», dit-elle.

Elle se souvient d’un jour où elle faisait la lecture à des enfants, à Alma, au Lac-Saint-Jean. «Je l’ai vue arriver... Elle me suivait partout. Je sais que des parents se déplacent pour venir me voir à plus d’une reprise. Mais on ne parle plus de la même affaire, du tout...»

La personnificatrice d’Atchoum dit que la même femme «lui a joué dans la tête pendant huit mois». Elle la voyait régulièrement dans la foule.

«Elle a même envoyé des messages à d’autres, en mon nom, en disant que je détestais les handicapés. Elle s’est fait passer pour moi!»

L’affaire judiciaire s’est réglée à Saint-Hyacinthe, près de son lieu de résidence, là où elle a appelé la police pour la première fois.

La police a découvert d’où provenaient les adresses I.P d’où étaient envoyés les messages par Internet. Ces adresses sont liées à la même personne. Mme Gagné croit que plusieurs téléphones ont été utilisés.

Confidences

Ce qui répugne Mme Gagné est que Mme Gaumont ait joué sur autant de tableaux. «Et, pendant ce temps, je me confiais à elle. Je lui parlais des messages que je recevais. Et elle (l’accusée) me disait qu’elle vivait la même chose. Mais tout partait d’elle.»

Certains soirs de spectacles, le clown pleurait derrière la porte de sa loge, car elle entendait pleurer une spectatrice qu’elle commençait à trop bien connaître. Cette spectatrice, Maude Gaumont, pleurait devant la police, qui lui demandait de ne pas se trouver à son spectacle.

La défense a demandé la rédaction d’un rapport présentenciel pour Mme Gaumont. La sentence pourrait être prononcée en avril.