Tommy Cloutier avait été arrêté initialement à l’été 2018.

Arrêté pour trafic de stupéfiants, Tommy Cloutier restera détenu

Accusé de possession de stupéfiants dans le but d’en faire le trafic et de possession illégale d’armes à feu, le Jonquiérois Tommy Cloutier restera détenu en attente de procès. La juge Micheline Paradis a déclaré que l’homme de 29 ans semblait avoir trop de difficulté à respecter les conditions du tribunal.

Arrêté en août 2018 pour une histoire d’enlèvement et de séquestration pour une dette impayée, Tommy Cloutier avait finalement réglé son dossier en octobre dernier en plaidant coupable à un 810, c’est-à-dire qu’il a reconnu que la victime avait eu des raisons de craindre pour sa vie. Les accusations d’enlèvement et de séquestration étaient finalement tombées.

Il avait toutefois plaidé coupable à une accusation de possession de stupéfiants dans le but d’en faire le trafic et avait obtenu un sursis de sentence, puisqu’il avait complété une thérapie fermée de trois mois pour régler son problème de consommation de drogue au moment de son arrestation. L’ensemble de son dossier a donc été réglé le 28 octobre.

Mais voilà que le 21 novembre, il a encore été arrêté en possession de stupéfiants, dont du cannabis, des méthamphétamines et de la cocaïne, et de matériel nécessaire à la vente, notamment des balances, des sachets et des listes. Les policiers, qui ont perquisitionné son appartement de la rue Châteauguay, à Jonquière, ont également saisi quatre armes alors que Cloutier n’avait pas les permis nécessaires. L’une d’entre elles avait été rapportée volée. L’homme a été réincarcéré et il a été accusé quelques jours plus tard.

Mercredi, l’individu tentait de recouvrer sa liberté. Son avocat, Me Julien Boulianne, a plaidé devant la juge Micheline Paradis, de la Cour du Québec, que son client ne représentait pas une menace pour la société et que le libérer ne viendrait pas entacher la confiance du public envers le système de justice. Il affirmait que le garder détenu risquerait davantage de brimer la confiance du public, puisque des individus faisant face à des accusations similaires ou même plus graves avaient récemment été libérés.

Le criminaliste a également affirmé qu’il proposait un encadrement sérieux pour son client, puisque s’il était libéré, Tommy Cloutier irait vivre chez un membre de sa famille qui a d’ailleurs été appelé à témoigner en cour.

De son côté, la représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Marie-Philippe Charron – elle complète actuellement son stage, c’est pour cette raison qu’on ne peut encore l’appeler maître –, demandait à ce que l’accusé soit détenu pour le reste des procédures. « Il a été sentencé le 28 octobre. On est le 27 novembre, ça ne fait même pas un mois, et monsieur récidive. Il banalise sa consommation de drogue et il représente un risque pour le public », a indiqué Mme Charron.

Durant son témoignage, l’accusé a avoué avoir consommé de la cocaïne, de la méthamphétamine et du cannabis à quelques occasions, au cours du dernier mois, lors de « brosses » entre connaissances.

Il a admis que ce n’était peut-être pas l’idée du siècle. « La consommation, ça ne m’a rien amené de bon. Ça m’a juste amené dans les bras de la justice et en prison », a affirmé Tommy Cloutier, promettant d’y mettre un terme. Il a ajouté que sa thérapie lui avait fait un réel bien, mais qu’il avait succombé seulement pour s’amuser, un vendredi soir ou deux, au cours du dernier mois. Ses explications n’ont pas convaincu la juge Micheline Paradis. « On me dit qu’il n’y a pas de victime au dossier, mais je ne suis pas d’accord. Vous avez des accusations de trafic de stupéfiants. Vos garanties ne sont pas suffisantes pour que je vous remette en liberté, puisque vous semblez avoir de la difficulté à respecter vos conditions », a affirmé la juge.

Tommy Cloutier devra donc patienter derrière les barreaux jusqu’à son procès. Son avocat a demandé la tenue d’une enquête préliminaire, qui aura lieu le 30 janvier.

Les policiers du Service des projets spéciaux de Saguenay ont perquisitionné le logement de Tommy Cloutier, le 21 novembre dernier.

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21 685$ ET UNE AUTRE ARRESTATION

Lors de la perquisition menée par le Service des projets spéciaux du Service de police de Saguenay, les agents ont saisi quatre armes à feu, 21 685 $ en argent comptant, de la cocaïne, 275 comprimés de méthamphétamine, du cannabis et différents dérivés. 

Outre Tommy Cloutier, les policiers ont également arrêté Jo Anye Blais-Boivin, qui est la conjointe de Cloutier. La jeune femme, qui n’a pas d’antécédent judiciaire, est en liberté. Les deux individus ne pouvaient pas communiquer entre eux, puisqu’ils sont coaccusés, mais étant donné que l’homme reste incarcéré, cette condition a finalement été levée.