Le nom du juge Michel Boudreault a été associé à un dossier remontant à 2006, époque où il était encore avocat criminaliste.

Arrêté à l’aéroport pour un don de 500$

Le Marocain Mohamed Erchiqui n’a jamais cru qu’il pouvait être encore recherché pour un don de 500 $ qu’il n’avait pas fait en 2006. Mais lorsque l’ancien client de l’avocat Michel Boudreault, devenu juge de la Cour du Québec, est passé à la douane à l’aéroport Pierre-Elliott Trudeau de Dorval, il a été arrêté et écroué.

L’homme était de passage au Palais de justice de Chicoutimi, jeudi matin. Il a comparu devant son ancien avocat, soit le juge Michel Boudreault. Il a été ramené au Saguenay plus de 10 ans après son crime en fourgon cellulaire.

« M. Erchiqui avait été condamné en 2006 à faire un don de 500 $ à un organisme de Saguenay à la suite d’une condamnation au criminel. L’homme ne l’a pas fait », a expliqué Me Julien Boulianne, qui a agi en pro bono (avocat bénévole).

Me Boulianne n’a pas été en mesure de retrouver l’infraction pour laquelle Erchiqui avait été accusé et condamné à l’époque.

Tout ce qu’il avait comme information, c’est qu’un don n’avait pas été effectué dans les délais prescrits alors par le tribunal.

« J’ai discuté avec Me Karen Inkel (Couronne) et je lui ai suggéré de retirer les accusations et c’est ce qui s’est produit », a noté le criminaliste.

L’individu était de retour d’un voyage au Maroc.

Il revenait chez lui à Montréal lorsqu’il a été intercepté à l’aéroport.

« Je n’avais aucune idée que j’étais sous mandat. Je me souviens d’avoir eu une séparation douloureuse à l’époque, mais j’ai depuis repris ma vie en main », a commenté M. Erchiqui, menottes aux poignets dans le box des accusés.

« J’ai été très surpris d’être arrêté, surtout que ce n’était pas la première fois que je passais par les douanes au fil des années », a-t-il ajouté.

Le volet un peu drôle dans l’histoire, c’est que le juge Michel Boudreault a lui-même été surpris de voir son nom être associé encore aujourd’hui à un dossier alors qu’il était avocat criminaliste à l’époque.

Surtout que c’est le juge Boudreault qui se trouvait sur le banc jeudi matin. Il a esquissé un sourire. Il ne se souvenait pas du cas précis, mais il a souligné que le nom de l’accusé lui disait quelque chose.

L’histoire s’est bien terminée. Après quelques jours en détention, l’homme a pu recouvrer sa liberté et pourra retourner chez lui.

« Je pourrai alors récupérer mes bagages à Montréal, car ils ont été gardés à l’aéroport de Montréal », de préciser l’individu.

Et dorénavant, Mohamed Erchiqui pourra franchir la douane de Montréal, tant à l’aller qu’au retour, sans craindre d’être intercepté. Son dossier judiciaire devrait s’effacer assez rapidement.