Me Dominic Bouchard

Altercation au festival des vins: acquitté en raison de contradictions

Le juge Jean Hudon de la Cour du Québec, chambre criminelle, a déterminé que Frédéric Tremblay n'a commis aucun acte criminel dans une altercation avec Carl-Alexandre Lavoie-Dumas, le 11 juillet 2014, pendant la tenue du Festival des vins sur la rue Racine à Chicoutimi lors d'une altercation générée par un triangle amoureux.
Dans sa décision, le tribunal se dit convaincu que lors de la rencontre entre Carl-Alexandre Lavoie-Dumas et Frédéric Tremblay, ce dernier était en colère. Toutefois le juge n'a pas retenu les versions selon lesquelles Tremblay aurait commis des voies de fait sur Lavoie-Dumas en plus de fracasser ses lunettes.
Le juge note dans son analyse des faits qu'il y a des contradictions entre les différentes versions. À ce titre, il doit partir du principe que la poursuite doit démontrer, hors de tout doute raisonnable, que l'accusé a véritablement commis les gestes qui lui sont reprochés. Dans le présent cas, certaines versions ne concordent pas avec celle de la victime quant aux gestes qui ont été posés lors des deux brèves altercations. Au moins un témoin avance que le plaignant aurait lui-même frappé en premier l'accusé Frédéric Tremblay à l'aide d'une chaise lors de l'un des deux événements.
Contradictoire
La victime n'a pas aidé sa cause et le juge relève qu'il y a une contradiction entre la version livrée aux policiers et son témoignage pendant le procès. « Concernant le premier événement, il dit aux policiers avoir repris conscience, avoir constaté que l'accusé est embarqué sur lui pour lui donner un coup de grâce...Devant le tribunal, il n'a nullement témoigné comme il l'a fait dans sa déclaration, disant qu'il n'avait pas perdu conscience et ne mentionnait pas que l'accusé était monté sur lui », a indiqué le juge Hudon.
Le juge poursuit en mentionnant que la réponse de la victime à une question concernant la différence dans ces deux témoignages a également été surprenante. « Autre contradiction entre son témoignage et sa déclaration, il dit aux policiers que l'événement de la tente a mis fin à sa soirée, alors que, lors de son interrogatoire, il mentionne avoir continué sa soirée jusqu'à 2 h du matin », rappelle le juge Hudon.
En ce qui concerne les lésions, le juge ne peut en confirmer l'existence puisque le jeune homme n'a pas été à l'hôpital. De toute façon, ces lésions auraient pu être le résultat de la deuxième chute de la victime à l'intérieur de la tente et la preuve a démontré que cette chute n'a pas été provoquée par l'accusé.
Pour ces différentes raisons, le juge Hudon a procédé à l'acquittement de Frédéric Tremblay sur tous les chefs d'accusation qui pesaient sur lui.
Me Dominic Bouchard, qui agissait en défense dans cette cause, s'est dit satisfait des conclusions du juge Hudon. Le procureur avait, lors du procès, fait ressortir les problèmes entre les différentes versions des témoignages pour démontrer que l'histoire n'était pas aussi claire que l'accusé le prétendait.