All Boivin à son arrivée.

All Boivin écope de 54 mois de pénitencier

All Boivin passera les 35 prochains mois et 21 jours en détention dans un pénitencier fédéral. Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a rendu sa décision, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. La peine imposée à Boivin était initialement de 54 mois, mais le juge a soustrait les mois déjà purgés en détention préventive.

Boivin a été reconnu coupable le 25 avril de voies de fait causant des lésions et d’agression sexuelle armée sur une jeune femme de 21 ans. Il est également coupable de trafic de cocaïne. La défense suggérait 30 mois de détention, alors que la Couronne demandait une peine de cinq à six ans.

All Boivin est resté de glace durant la majeure partie de la lecture du jugement du juge Lortie, souvent les yeux fermés ou avec un regard vide et la tête contre le mur. Ce n’est qu’à l’approche de l’annonce que l’accusé s’est mis à hocher de la tête négativement. Son jugement du 25 avril dernier est porté en appel, mais Boivin continuera de purger sa peine. Ce processus pourrait durer plusieurs mois.

Dans son jugement de dix pages, le juge Lortie a raconté à nouveau les faits pour lesquels Boivin a été reconnu coupable et l’ensemble des blessures subies par la victime. « Habituellement, le médecin dessine les blessures sur papier afin de les localiser, mais ici, il y en a trop », raconte le juge Lortie.

Dans son analyse, le juge Lortie fait état qu’il n’y a pas beaucoup de facteurs atténuants aux gestes de Boivin. « Strictement parlant, l’accusé ne peut bénéficier du crédit accordé à celui qui reconnaît sa culpabilité et épargne un douloureux procès à la victime. Cela étant, l’accusé avait le droit de tenir un procès. Dans la conduite de sa défense, il a pleinement collaboré en formulant de nombreuses admissions. Cette collaboration a facilité le déroulement et réduit la durée du procès », de dire le juge Lortie.

Au contraire, les facteurs aggravants sont nombreux. « Dans les crimes violents, l’intoxication sera généralement considérée comme un facteur aggravant. Il est plus facile de pardonner à une jeune personne inexpérimentée qui commet un acte criminel intoxiquée qu’à celle qui consomme depuis plusieurs années et dont le comportement se traduit par la commission d’actes de violence répétés. Dans le présent cas, l’accusé ne peut ignorer qu’il devient violent lorsqu’intoxiqué. Cela constitue un réel problème pour lui et la société », explique le juge Lortie.

Le juge Lortie a poursuivi en faisant mention que la preuve ne démontrait pas un processus de réhabilitation. « Il devra, un jour, s’investir pour aller aux racines du problème. Dans l’intervalle, le risque de récidive demeure élevé. » Il a aussi fait mention des antécédents judiciaires de Boivin.

Il juge également qu’il y a deux All Boivin. « Premièrement, il y a celui qui se comporte correctement lorsque sobre. La plaignante et les policiers décrivent un individu calme et poli qui collabore. Cette facette de la personnalité laisse voir un potentiel de réhabilitation. Deuxièmement, celui en état de consommation devient explosif et hors de contrôle. Encore une fois, la plaignante et les policiers sont des témoins directs de cette transformation. »

La défense n’a pas été surprise par l’annonce du juge Lortie. « C’est davantage qu’on avait demandé, mais il faut comprendre que les accusations étaient sérieuses », a réagi l’avocat de Boivin, Me Pierre Gagnon.

Selon Me Gagnon, Boivin a relativement bien reçu la décision. « Il a entendu les représentations qui avaient été faites, alors il savait qu’il s’exposait à une peine de plusieurs mois, voire quelques années, mais c’est toujours une déception de recevoir une peine de cette importance-là. Dans les circonstances, il accepte la situation », raconte 

Me Gagnon, après avoir discuté avec son client.

Du côté de la Couronne, la procureure au dossier, Me Karen Inkel, s’est dite satisfaite de la peine imposée au coupable. « Le juge a retenu les éléments qu’on lui avait soumis. Il a retenu la trame factuelle qui est grave. Je pense que le travail d’analyse a été bien effectué », a mentionné Me Inkel, à la sortie de la salle d’audience.

Elle croit que la victime sera également satisfaite de la décision rendue. « Le droit criminel n’est pas une justice qui est vengeresse. On ne pourra jamais parler de préjudice que les victimes ont vécu. Je pense que le juge a fait le tour du jugement, alors on est satisfaits de la décision », a ajouté Me Inkel.

ACCUSÉ DE MEURTRE: KARL-EMMANUEL VILLENEUVE DEVRA ATTENDRE

Le présumé meurtrier d’Alexandre Larouche, Karl-Emmanuel Villeneuve, devra attendre avant de savoir s’il pourra recouvrer sa liberté d’ici la tenue de son procès. Son enquête sur remise en liberté devait avoir lieu mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, mais son avocat, Me Jean-Marc Fradette, s’est entendu avec la Couronne pour la remise du dossier le 5 septembre. 

Le présumé meurtrier d’Alexandre Larouche, Karl-Emmanuel Villeneuve, devra attendre avant de savoir s’il pourra recouvrer sa liberté en attendant son procès.

Il n’est pas possible de dévoiler les nouvelles circonstances ou les nouveaux motifs, étant donné que la requête est sous ordonnance de non-publication.

Le jeune homme de 21 ans de Chicoutimi est accusé du meurtre au premier degré d’Alexandre Larouche. L’événement est survenu à la fin du mois de juillet 2018, dans une résidence de la rue Johanna, à Chicoutimi-Nord. La victime aurait été tirée à deux reprises, possiblement en lien avec une dette de drogue.