All Boivin a raconté que sa colocataire était jalouse que d’autres filles s’intéressent à lui.

All Boivin dit qu'il « s’est défendu »

All Boivin confirme avoir frappé la tête de sa présumée victime dans le mur et l’avoir bousculée au travers d’une porte. Il précise cependant l’avoir fait dans un contexte de légitime défense après avoir été aspergé de poivre de cayenne.

Sexe, drogue et rock’n’roll auraient mené la vie de Boivin et de la plaignante durant les nombreux mois qu’a duré leur colocation à Chicoutimi et à Laterrière.

À la septième journée de son procès, All Boivin, accusé de voies de fait graves, de voies de fait causant des lésions et d’agression sexuelle armée, de menaces, de séquestration, de deux voies de fait simple et de trafic de stupéfiants, a donné sa version de la journée du 25 juillet 2018.

D’entrée de jeu, Boivin a juré sur la bible, avec la main gauche au lieu de la main droite, qu’il était pour dire toute la vérité au juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec.

Lorsqu’interrogé sur le métier qu’il pratique, Boivin a indiqué qu’il prêtait de l’argent.

Questionné par Me Pierre Gagnon, en défense, Boivin dit avoir dormi une douzaine d’heures, le 25 juillet 2018, au lendemain d’une fête bien arrosée par la boisson, la cocaïne, le Xanax et la marijuana. En se levant, il a pris une douche.

« En me réveillant, j’ai vérifié mon Snapchat. Elle m’a dit que je regardais encore les affaires d’une fille. Je lui ai dit “esti que t’es calée et t’as pas rapport”. Je suis allé prendre ma douche et c’est en sortant que j’ai senti quelque chose de froid dans mon cou. Le souffle m’a coupé. Je me suis retourné et j’en ai eu dans l’œil gauche. Je me suis accroché à quelque chose et je crois que c’était un bras. Ça revolait partout (le poivre de cayenne). Je l’ai “drivée” dans le mur. Je l’ai poussée par en avant. Je ne voyais rien, car je venais de recevoir du poivre. Je n’avais pas idée de qui avait pu me faire ça », a lancé Boivin.

« J’ai poussé la personne dans le cadre de porte et c’est là que j’ai vu qui c’était (la plaignante). Je l’ai accrochée par la tête et je suis parti par en avant. Elle a crié et a essayé de me frapper. Je lui ai retenu les bras, mais j’ai lâché, car ça me brûlait dans le visage. J’ai alors ressenti un immense coup de poing sur la tête et c’est là que je l’ai repris par le visage et je l’ai poussée. Elle est partie et j’ai entendu un bruit. J’ai pensé qu’elle avait déboulé les escaliers. Elle s’était probablement barré les pieds dans le tapis roulant », a raconté Boivin.

La plaignante avait prétendu, durant son témoignage, avoir été aspergée de répulseur à ours et avoir été battue violemment par Boivin pour une somme d’argent manquante (8000 $).

Boivin a plutôt parlé de messages sur les réseaux sociaux comme origine de l’altercation.

« Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle m’avait fait ça, elle a dit que c’était à cause des Snapchat avec une autre fille », a ajouté l’accusé.

Ensuite, plus rien. Boivin a demandé à un homme d’entretien, venu le voir pour être payé pour des travaux, s’il pouvait le conduire jusqu’au bar l’Illusion.

Jeux sexuels

Sur l’histoire de la tentative d’étranglement avec la laisse du chien, Boivin a indiqué qu’il ne s’en était jamais servi pour de la violence.

« Madame aimait être dominée. Je l’ai utilisée pour des jeux sexuels. »

Concernant le bâtonnet de fromage retrouvé dans la cavité vaginale de la victime, Boivin s’est montré surpris.

« J’étais abasourdi lorsque les policiers m’ont dit ça. J’ai dit “c’est bien dégueulasse, pauvre petite chatte”. Ce n’est pas mon genre d’utiliser des objets pour le sexe, outre les godemichés. J’ai eu plusieurs conquêtes dans ma vie et je ne leur ai jamais manqué de respect », ajoute-t-il.

Pour le reste, All Boivin a rencontré la victime à l’été 2017 dans un bar et aurait terminé la soirée chez lui avec elle et d’autres filles pour un party de sexe et de consommation.

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L'ACCUSÉ N'A PAS COMPRIS SON ARRESTATION

(Stéphane Bégin) – « Lorsque j’ai vu les photos des bleus de la plaignante, je me suis demandé comment cela avait pu se produire. Je ne comprenais pas. Comme je n’ai pas non plus compris pourquoi j’avais été arrêté et pas compris que je pourrais être accusé de tentative de meurtre. C’est elle qui venait de me poivrer. »

Contre-interrogé par Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), All Boivin n’a pas caché que c’était lui « la victime » de toute cette histoire et qu’il n’avait fait que se défendre.

« Vous étiez donc une victime et vous étiez en état de légitime défense, si je comprends bien ! », a lancé Me Inkel en direction de l’accusé.

« C’est effectivement moi qui étais en légitime défense. Non je n’ai pas posé de questions après avoir reçu le poivre de cayenne. J’ai paniqué et j’ai attrapé quelque chose. »

« Mais je ne voulais pas parler de la légitime défense à l’enquêteur, car il m’accusait de tentative de meurtre. Je sais que j’avais le droit de garder le silence, mais j’ai donné des bouts des faits. J’ai dit au policier qu’elle m’avait poivré et j’ai mentionné qu’elle avait probablement déboulé les marches », a mentionné Boivin.

Ce dernier a ajouté qu’au moment où il est parti de la maison de Laterrière pour se rendre à Chicoutimi, la plaignante semblait bien se porter.

« Elle était bien correcte, mentalement, lorsque je suis parti. La chicane semblait être terminée. C’était correct entre elle et moi. Je ne pensais pas qu’elle était pour porter des charges contre moi », note celui qui est détenu depuis le 25 juillet.

Boivin n’a pas remarqué que le corps de la jeune femme de 21 ans portait plus de 100 ecchymoses. Surtout qu’il prétend ne pas lui avoir donné de coups de poing et de pieds, surtout pas au ventre où les médecins ont diagnostiqué des lacérations au foie et aux reins.

« En regardant les photos, je savais que ce n’était pas dû à des coups de poing. C’est elle qui a changé la version des faits. Sur le fait d’avoir dit à l’enquêteur qu’elle pouvait aller se suicider, je voulais faire référence aux fois où elle m’en avait parlé », a indiqué l’accusé.

Concernant la relation entre eux, All Boivin a précisé au magistrat que la plaignante était sa meilleure amie « avec bénéfices », en ce sens qu’ils pouvaient avoir des relations sexuelles sans pour autant que cela devienne sérieux entre eux.

Sur son travail de prêteur d’argent, Boivin a mentionné se servir d’un héritage reçu et qu’il prêtait à 50 pour cent.

La preuve est maintenant close de part et d’autre. Les plaidoiries pourraient se tenir jeudi ou vendredi.

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UNE AUTRE JEUNE FEMME PORTE PLAINTE

(Stéphane Bégin) – Le Chicoutimien All Boivin pourrait ne pas en avoir terminé avec la justice. Une autre jeune femme a déposé une plainte de voies de fait contre lui au Service de police de Saguenay (SPS). 

« Je peux confirmer effectivement que nous avons reçu une plainte. La plaignante a été rencontrée et un dossier a été préparé. Il devrait arriver sous peu au bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) », a confirmé Bruno Cormier, porte-parole du SPS, au journal Le Quotidien.

Cette démarche ne signifie pas qu’une ou des accusations seront automatiquement portées contre l’individu de 29 ans.

Le procureur, qui recevra le dossier de la plainte, prendra le temps nécessaire pour en analyser le contenu avant de déposer ou non une accusation.

Par contre, advenant qu’une nouvelle accusation soit déposée, cela n’aura aucun impact sur la décision que le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, aura à rendre dans le présent dossier de voies de fait graves. Stéphane Bégin