Alcool au volant: dormir n’a pas été suffisant

Après avoir pris une solide cuite, un individu pensait que dormir durant quelques heures serait suffisant pour repartir en voiture sans être inquiété par son taux d’alcool. Ce n’était pas le cas.

L’homme d’une vingtaine d’années l’a appris durement, vendredi matin, lorsqu’il a pris la décision de régler son dossier devant le tribunal.

Le 24 août dernier, le client de Me Julien Boulianne participait à une fête bien arrosée avec des amis.

«Mon client ne prend jamais son véhicule lorsqu’il consomme de l’alcool. Ce soir-là, après avoir consommé avec ses amis, il prend la décision de coucher sur place. Après quatre ou cinq heures de sommeil, il se réveille et décide de retourner chez lui, croyant qu’il n’était plus en état d’ébriété», a souligné Me Boulianne.

Mais un citoyen a remarqué la conduite erratique de l’individu sans antécédent judiciaire et a décidé de communiquer avec les policiers de Saguenay. Ceux-ci ont intercepté le conducteur et l’ont soumis au test de détection d’alcool. Il a soufflé un taux de .190, plus de deux fois la limite permise par la loi qui est de .08.

Me Mélanie Paré, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Boulianne ont soumis une suggestion commune de 2000 $ d’amende et une interdiction de conduire de 12 mois.

Le criminaliste a précisé que ce n’est pas la première fois qu’un individu croit être en mesure de conduire après avoir dormi quelques heures.

«Il faut savoir que le système du corps humain élimine 15 milligrammes d’alcool à l’heure. Pour quelqu’un dont le taux est de .200, il lui faudra être huit heures sans consommer pour se retrouver sous la limite autorisée», note Me Boulianne.

Celui-ci suggère aux gens de se procurer un appareil portatif de détection d’alcool disponible dans plusieurs commerces régionaux.

«Je ne dis pas que l’appareil est fiable à 100 pour cent, mais il donne une bonne indication du taux d’alcool dans le sang. J’en ai acheté à des amis et à des membres de ma famille. Ça ne coûte pas cher pour sauver des vies et sauver sa carrière», conclut l’avocat en défense.