L’ex-chauffeur d’autobus scolaire Bernard Gaudreault a renoncé, vendredi, à la tenue de son enquête préliminaire.

Agressions sexuelles: l’ex-chauffeur pourrait régler ses dossiers

L’ex-chauffeur d’autobus scolaire de Saint-Honoré Bernard Gaudreault renonce à la tenue de son enquête préliminaire et demande un procès devant un juge de la Cour supérieure du Québec et un jury. Mais il est possible que les procédures judiciaires ne se rendent pas jusque-là, puisque l’accusé pourrait aussi plaider coupable.

L’individu de 55 ans a discuté longuement avec son avocat Me Jean-Marc Fradette, vendredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, avant de se retrouver devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec.

Gaudreault fait face à 13 chefs d’accusation d’agressions sexuelles et de contacts sexuels sur six plaignants. Les événements se sont déroulés entre 1998 et 2018.

Une ordonnance du tribunal protège l’identité des victimes, mais il a déjà été précisé que l’accusé n’avait pas fait de victimes parmi les enfants qu’il transportait. Mais quelques-unes des victimes auraient été membres de l’Association des scouts du Canada, un organisme pour lequel Gaudreault a été bénévole.

Le dossier pourrait se régler dans les prochains mois, car il n’est pas impossible que l’accusé décide de régler ses dossiers par un plaidoyer de culpabilité. Il pourrait également opter pour être jugé devant la Cour du Québec plutôt que la Cour supérieure du Québec. « J’ai eu des discussions avec mon confrère de la Couronne, Me Sébastien Vallée, et celui-ci a pris certains engagements à l’effet de tenir compte de certains éléments, dont la thérapie, advenant le règlement du dossier », a expliqué Me Fradette.

« Mon client est conscient des conséquences de renoncer à l’enquête préliminaire sur les deux dossiers. Nous ne pourrons évaluer la preuve, mais on évite ainsi aux victimes de témoigner », poursuit le criminaliste.

Bernard Gaudreault, qui a quitté le Saguenay pour aller vivre et travailler à Montréal, pourrait bénéficier ainsi de facteurs atténuants en n’obligeant pas les victimes à venir témoigner. « Nous pouvons bénéficier d’un caractère valorisant en ne faisant pas entendre les plaignants. De plus, comme mon client participe à une thérapie, on pense que c’est un dossier qui pourrait se régler. Nous avons préféré obtenir un engagement du ministère public de considérer la thérapie (pour venir à bout de sa problématique sexuelle) ultérieurement dans l’éventualité d’un règlement de dossier », note Me Fradette.

Gaudreault a mis les pieds pour la première fois au Palais de justice de Chicoutimi. Il n’avait pas le choix en raison de la tenue de son enquête préliminaire. L’homme sans antécédent judiciaire cherche des solutions pour comprendre ce qui a pu le mener à commettre des gestes répréhensibles auprès d’enfants de 8, 9 et 10 ans. Il commence à reconnaître sa problématique, et cela pourrait l’amener à plaider coupable, selon son avocat.

« Avec la décision d’aujourd’hui, c’est un pas en avant vers un règlement de dossiers. Mais il s’agit de dossiers très complexes, avec plusieurs chefs d’accusation. Ça ne veut pas dire que nous allons régler tous les chefs et pour toutes les victimes. En allant vers un règlement de dossiers, plusieurs chefs pourraient tomber », a conclu Me Fradette.