Me Jean Petit désire faire témoigner un expert pour démontrer que le viol d’un enfant par un adulte est physiologiquement impossible.

Agression sexuelle sur une enfant: la défense veut faire entendre un expert

L’avocat de Richard Forgues, accusé d’agressions sexuelles sur deux mineures, dont une de quatre ans, veut faire témoigner un expert pour démontrer qu’il est physiquement impossible pour un adulte de violer une enfant aussi jeune sans causer de blessures. La Couronne s’oppose fermement à cette requête de Me Jean Petit, puisque les délais sont dépassés et qu’il est de connaissance judiciaire que des viols d’enfant sont physiquement possibles. Le juge Paul Guimond aura à trancher cette question, à savoir s’il accueille ou non la requête du criminaliste. Sa décision sera rendue lundi.

Richard Forgues subit son procès pour agressions sexuelles depuis le début du mois de janvier, mais par dates entrecoupées. Il fait face à plusieurs chefs d’accusation de nature sexuelle, notamment d’avoir agressé une enfant de quatre ans, dans les années 80.

Les témoignages doivent reprendre à la fin du mois de février, mais Me Jean Petit a fait savoir qu’il voulait maintenant appeler un expert à la barre. Le tribunal ayant été informé tardivement et la Couronne s’y opposant, les deux parties ont dû débattre de la question, vendredi, devant le juge Guimond de la Cour du Québec.

Me Jean Petit plaide qu’il est impossible pour un adulte de pénétrer une enfant aussi jeune, sans causer de lésions. Il a d’ailleurs fait état en cour des dimensions du sexe de son client et de celles de celui d’une petite fille.

Dans le cas de la présumée victime de quatre ans, elle ne se souvient plus, aujourd’hui, si elle a été blessée par l’agression, mais a témoigné avoir eu mal.

La défense remet en doute ce témoignage. Pour prouver son point, le criminaliste a besoin de faire entendre un expert en la matière, comme un médecin, par exemple.

Selon la procureure de la Couronne, Me Marianne Girard, il est de connaissance judiciaire qu’un adulte peut, physiquement, agresser un enfant. « Nous n’avons qu’à regarder les cas de pornographie juvénile pour le savoir », a affirmé la procureure, qui estime que son confrère de la défense ne cherche qu’à retarder les délais du procès.

« Me Petit a la preuve entre ses mains depuis 2017 et il nous dit qu’il veut faire entendre un expert trois ans plus tard, ça n’a aucun sens », a souligné Me Girard.

C’est le juge Paul Guimond qui devra trancher le débat. Il s’est accordé un temps de réflexion et rendra sa décision lundi prochain.

Si la requête de Me Petit est accueillie, la Couronne a déjà annoncé qu’elle ferait également entendre un expert de son côté.