Adieu à une carrière d’avocate

Une jeune femme de 18 ans caressait le rêve de devenir avocate. Mais pour avoir frappé dans les murs du logement de sa meilleure amie avec une barre de fer, l’accusée a non seulement perdu son amie, mais elle pourrait devoir faire une croix sur des études et une carrière en droit.

L’accusée s’est présentée lundi matin au Palais de justice de Chicoutimi pour subir son procès. Mais à la suite de discussions entre Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et Me Julien Boulianne, en défense, les parties ont plutôt convenu de présenter une suggestion commune au juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Le magistrat accorde une sentence suspendue, une probation de 18 mois et 240 heures de travaux communautaires à effectuer pour payer sa dette à la société.

Sans antécédent judiciaire dans le monde des adultes (une accusation de vol au tribunal de la jeunesse), la jeune femme a plaidé coupable à des accusations de méfait et d’extorsion pour s’être introduite dans une maison d’habitation et de bris de condition pour avoir appelé son amie afin de s’excuser.

Et dans un autre dossier, elle a reconnu sa culpabilité à des voies de fait pour avoir voulu défendre son conjoint qui recevait une correction de la part de deux individus. Elle s’est mise à crier après les individus avec un couteau à la main.

« Pour le méfait et l’extorsion, l’accusée avait prêté de l’argent à une bonne amie et elle s’est tannée d’attendre le remboursement. Elle s’est rendue au domicile de la plaignante et lui a réclamé son dû en démolissant un mur et une porte de garde-robe avec une barre de fer. Le bris de condition a été enregistré par la suite lorsqu’elle a téléphoné à son amie, laquelle ne souhaite toujours pas de contacts avec elle, pour s’excuser », a raconté Me Inkel, de la Couronne.

« Quant aux voies de fait, son conjoint a contacté des individus pour que ceux-ci lui ramènent une roue de vélo. Plutôt que de s’exécuter, les deux hommes se sont présentés avec un bâton de baseball. Une bagarre a éclaté. Celle-ci, voyant que son ami était en difficulté, a sorti un couteau et a crié après les agresseurs pour qu’ils partent », a ajouté Me Inkel.

Le juge Boudreault a accepté la suggestion commune et a dit souhaiter que la jeune femme se reprenne en main le plus rapidement possible.

La procureure de la Couronne croit en la réhabilitation possible de l’accusée.

« Je l’ai connue lors d’un dossier au tribunal de la jeunesse. Ses problèmes étaient et sont encore reliés à son conjoint actuel. Je trouve ça dommage, car elle voulait devenir avocate », a poursuivi Me Inkel.

Cette dernière a ajouté que l’accusée ne pouvait se faire justice elle-même et qu’il aurait été préférable qu’elle fasse appel aux policiers.

« Je pense qu’elle peut se réhabiliter. Le processus judiciaire et le fait qu’elle a été amenée au palais de justice via la détention ont eu un effet dissuasif », d’indiquer la représentante du DPCP.

Avant de quitter le tribunal, l’accusée a avoué ne pas être très fière d’elle.