Acquittés d’avoir violenté un jeune contrevenant

Serge Duchaine et Jean-Claude Munger, deux transporteurs pour des centres jeunesse du Lac-Saint-Jean, ont poussé un soupir de soulagement, mercredi matin, lorsque la juge Isabelle Boillat les a déclarés non coupables d’agression armée au Palais de justice de Roberval.

Le 26 avril 2017, ils devaient conduire un adolescent de 17 ans dans un véhicule sécurisé vers le centre jeunesse La Chesnaie de Roberval à partir de Dolbeau-Mistassini.

La situation s’est envenimée dans le secteur de la Friche lorsque le jeune a sorti une « barre à jack » (cric de levage) et un auto-injecteur EpiPen d’une trousse de sécurité qui se trouvait près de lui.

« Mes clients se sont arrêtés sur le bord de la rue, ils ont pris la ceinture de sécurité et tenait le jeune attaché en sens inverse puis ils ont appelé le centre jeunesse pour demander s’ils pouvaient le menotter. Ils se sont fait répondre d’appeler la Sûreté du Québec », avance l’avocat qui les défendait, Me Julien Boulianne.

Les intervenants ont donc tenté du mieux qu’ils le pouvaient de neutraliser le jeune contrevenant en attendant la venue des policiers. Puis une fois la situation sous contrôle, l’adolescent a fait valoir que les transporteurs l’avaient étranglé avec la ceinture de sécurité. Pourtant, le jeune homme ne portait aucune marque sur le corps, d’après le criminaliste.

« M. Duchaine et M. Munger ont fait une déclaration disculpatoire et pour une raison que j’ignore, on les a accusés et on les a suspendus sans solde. Leur employeur ne les a pas soutenus là-dedans », déplore Me Boulianne.

Les deux hommes songent maintenant à entreprendre des recours contre le transporteur privé qui les a engagés pendant environ cinq ans pour l’un et une dizaine d’années pour l’autre. « On va se pencher sur la question et évaluer quels sont les recours potentiels. Clairement, ils ont été laissés pour compte », explique l’avocat de la défense.