Le Français Benjamin Marty a été acquitté d’une agression sexuelle à l’île d’Anticosti et dit à nouveau avoir plaidé coupable à Chicoutimi pour une affaire similaire pour pouvoir retourner chez lui.

Acquitté d'agression, il veut rétablir sa réputation

Le Français Benjamin Marty est de retour chez lui. Il sera demeuré un peu plus longtemps que prévu au Québec, mais sans pour autant y faire du tourisme. Il a plutôt séjourné dans une cellule du centre de détention de Rivière-des-Prairies jusqu’au 19 juin, lorsqu’il a été acquitté d’une accusation d’agression sexuelle survenue à l’île d’Anticosti.

La juge Louise Gallant, de la Cour du Québec, a refusé, au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), une nouvelle remise du dossier étant donné que la plaignante ne s’était pas présentée au tribunal pour une deuxième occasion. Et ce malgré le fait que le DPCP lui ait payé un billet d’avion Montréal-Sept-Îles pour obtenir son témoignage.

Le Quotidien a obtenu ces informations de la part de Benjamin Marty. Les vérifications ont aussi été faites auprès de la Cour du Québec et même du Consulat général de France à Québec. Les informations sur l’acquittement ont été confirmées.

Si ce dossier retient l’attention, c’est que Benjamin Marty avait plaidé coupable, du bout des lèvres, d’avoir agressé sexuellement une étudiante européenne dans les toilettes d’un bar de Chicoutimi.

Il avait alors dit au juge qu’il voulait purger sa peine de 90 jours de prison pour retourner le plus rapidement dans son pays.

« J’ai choisi la moins pire des solutions. J’ai déjà dit que c’était un coup monté. J’ai même la preuve (document envoyé au Quotidien) que ce n’était pas mon ADN qui se trouvait sur le soutien-gorge de la plaignante à Chicoutimi », a-t-il mentionné par courriel.

L’enquête policière a effectivement démontré que les prélèvements faits sur l’extérieur des deux bonnets du soutien-gorge ont révélé trois ou quatre profils de contributeurs, dont au moins un homme et une femme.

Mais aucune trace de l’ADN de Marty. Il n’y avait pas non plus de sperme sur la petite culotte de la plaignante et il n’y a eu aucune trace d’ADN masculin à l’intérieur de l’entrejambe ni sur la taille arrière et la région des fesses.

Pas le choix

Benjamin Marty a estimé qu’il se trouvait entre l’arbre et l’écorce au moment de son procès à Chicoutimi. Étant donné que son visa et son passeport avaient été confisqués (pour une faculté affaiblie), il ne pouvait retourner dans sa famille. Il voulait mettre un terme à son calvaire.

« Je n’avais pas vraiment le choix. Si j’avais été Québécois, j’aurais pu aller au bout des procédures judiciaires, mais comme mon visa était confisqué, je voulais régler le tout pour retourner chez moi le plus rapidement possible. »

« Avec une peine de trois mois, je croyais être libre après un mois. Mais pendant mon incarcération, j’ai appris que j’étais accusé pour l’île d’Anticosti. Je ne pouvais dire au tribunal le 28 janvier 2019 que j’avais d’autres dossiers criminels au Québec ou en France, car je ne savais rien de l’autre histoire. La plainte a été déposée le 14 février », a commenté Marty, qui dit regretter son plaidoyer de culpabilité à Chicoutimi.

Par contre, Me Karen Inkel, du DPCP, avait fait valoir au tribunal en janvier que les images vidéo montraient clairement que la plaignante était entrée dans la salle de bain et avait été suivie par Marty. Lorsque la jeune femme est ressortie, elle était bouleversée. Ensuite, l’accusé a quitté la toilette du bar.

Le Français de 35 ans aura donc passé près de cinq mois en détention avant d’être libéré et de prendre l’avion pour traverser l’Atlantique et regagner son pays d’origine.

« Si je fais cette sortie aujourd’hui, c’est pour rétablir ma réputation et me permettre de refaire ma vie », a conclu Benjamin Marty.