Selon la preuve recueillie par la police, Christina Hénault aurait répondu à l’ex-copine de son conjoint, en 2017, quelques mots de la nature de «fais donc ça», lorsque cette dernière évoquait la possibilité de se suicider.

Accusée d'incitation au suicide par texto

Christina Hénault, 22 ans et sans antécédent judiciaire, subira son procès en avril pour avoir, par texto, incité une autre jeune femme à s’enlever la vie.

Les faits remontent à l’été 2017. Simone* vient de se faire laisser par son chum David*. Elle lui envoie un message texte en écrivant qu’elle veut venir le voir et qu’elle pense se suicider.

La nouvelle copine de David, Christina Hénault, voit le texto sur le téléphone cellulaire de son conjoint.

Selon la preuve recueillie par la police, Christina Hénault aurait alors répondu à Simone quelques mots de la nature de «fais donc ça». Elle aurait aussi écrit des propos qui, selon le ministère public, tombent dans la définition de la menace de causer la mort ou des lésions corporelles.

Le procès pour cette infraction inusitée «d’avoir incité quelqu’un à se donner la mort» et pour l’accusation de menaces de mort avait été fixé au 9 janvier 2019, il y a six mois déjà.

En décembre, l’avocat de Christina Hénault, Me Charles-Olivier Gosselin du bureau de l’Aide juridique, avait tenté en vain d’obtenir une remise du procès en plaidant que sa cliente, qui réside dans la région de Mont­réal, n’avait aucune ressource financière pour payer son déplacement à Québec.

Mercredi matin, Me Gosselin a réussi à convaincre le juge Christian Boulet de la Cour du Québec de remettre le procès au 17 avril pour des motifs d’indigence. 

L’accusée, qui travaille de nuit, a bon espoir d’avoir l’argent pour se déplacer d’ici quelques semaines, a indiqué l’avocat de défense.

Devant l’absence de l’accusée à son procès, la procureure de la Couronne Me Mélanie Tremblay a tenté d’obtenir l’émission d’un mandat d’incarcération. «L’intention de ne pas se présenter était claire, car elle avait demandé une remise en décembre», fait valoir Me Tremblay.

Le juge Boulet a dit ne pas vouloir courir le risque que cette accusée, sans passé judiciaire, soit arrêtée et incarcérée parce qu’elle n’avait pas d’argent pour voyager. «On ne va pas faire une justice de riche et une justice de pauvre», insiste le juge.

La plaignante était en route pour le palais de justice au moment de la remise. La procureure de la Couronne a souligné les «séquelles importantes» portées par cette jeune femme.


« On ne va pas faire une justice de riche et une justice de pauvre »
Le juge Christian Boulet de la Cour du Québec

David a communiqué avec Le Soleil en soirée. Il affirme avoir sorti seulement six mois avec Christina Hénault. David doute que son ex se présentera devant le tribunal. «Lorsqu’elle a reçu les citations à comparaître, elle trouvait ça bien drôle et a dit que jamais elle ne se présenterait, qu’ils n’avaient qu’à courir après elle, affirme David. Elle fuit tout le temps et elle finit toujours par s’en sortir avec la manipulation. Mais là, elle va vraiment faire face à la justice et je suis content.»

Selon David, les paroles écrites par Christina Hénault ont eu un grand impact sur Simone, une jeune femme fragile et émotive, ébranlée par la rupture.

* Prénoms fictifs

ARTICLE 241 DU CODE CRIMINEL

Fait de conseiller le suicide ou d’y aider

  • Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans quiconque, que le suicide s’ensuive ou non, selon le cas :

    • a) conseille à une personne de se donner la mort ou l’encourage à se donner la mort;

    • b) aide quelqu’un à se donner la mort.