Les intérêts de Dave Martel sont défendus par Me Julien Boulianne.

Accusé d'invasion de domicile, il obtient une nouvelle chance

On n’a jamais une deuxième occasion de faire une bonne première impression, dit le dicton. Malgré des antécédents judiciaires, malgré son non-respect des règles des tribunaux et même s’il a commis un crime odieux en commettant une invasion de domicile chez des personnes âgées, Dave Martel se voit offrir l’opportunité de se reprendre en main. Sa franchise et son honnêteté lui auront été favorables.

Accusé en compagnie de Pascal Grandisson et d’Éric Lemieux de vol qualifié avec une arme à feu (fusil à plomb), de séquestration, de port de déguisement et de menaces, l’individu de la rue Saint-Éphrem, à Chicoutimi, recouvre une sorte de liberté.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a accepté d’envoyer l’individu de 27 ans en thérapie fermée pour une période de six mois à la maison De l’autre côté de l’ombre, à Bécancour. Il y passera les neuf premières semaines sans aucune possibilité de sortie.

Le 19 septembre dernier, le trio de présumés cambrioleurs s’est introduit à la résidence d’une dame âgée sur la rue Saint-Paul, à Chicoutimi. Les trois hommes étaient cagoulés, portant un bandana sur la bouche. Le premier individu, identifié comme Pascal Grandisson, avait un marteau pointu entre les mains, alors que Gilbert tenait une arme à feu. Quant à Lemieux, il faisait le guet dans la porte.

« On ne sait pas exactement ce qu’ils cherchaient, mais ils sont repartis avec la dosette des médicaments de la victime, qui a été retrouvée dans le véhicule. Nous pensons qu’ils se sont trompés d’adresse, car ils ont ensuite voulu pénétrer dans le logement d’en face, mais sans succès », a résumé Me Marie-Christine Savard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Les trois hommes ont été arrêtés quelques minutes après l’événement, car les policiers de Saguenay se trouvaient à proximité des lieux.

La procureure de la Couronne s’est opposée à la remise en liberté de l’accusé en raison des antécédents judiciaires, du non-respect de ses engagements et des accusations de vol de véhicule, de bris, de possession dans le but de faire le trafic de stupéfiants à Alma. Me Savard a ajouté que l’individu avait été arrêté et remis en liberté à deux reprises dans les semaines précédentes.

Martel, dont les intérêts sont représentés par Me Julien Boulianne, a raconté qu’il voulait se reprendre en main.

« Je vois bien que je ne suis pas en train de réussir ma vie. Je veux arrêter ma consommation d’alcool et de stupéfiants. Oui j’ai un problème de consommation depuis une dizaine d’années. Je consomme 50 méthamphétamines, 14 grammes de cannabis et de la cocaïne par semaine. Ma vie a basculé après ma rupture amoureuse en 2018. J’ai arrêté de travailler, car je n’arrivais pas à bien le faire après avoir bu et consommé », a indiqué Martel, qui est soudeur-monteur de métier.

Ce dernier sait que les six prochains mois seront difficiles et ardus, mais il entend réussir sa toute première thérapie. L’échec ne fait pas partie de ses options.

Le juge Guimond a accepté de l’envoyer en thérapie, d’autant plus que la jurisprudence précise que la liberté est la règle pour les accusés.

« C’est vrai, mais sans thérapie, la règle ne serait pas la même. Votre sort est entre vos mains. Votre témoignage est sympathique, mais au-delà de cet aspect, vous avez été franc et honnête », a lancé le juge Guimond.

« Je vais vous donner une chance, mais vous n’en aurez pas 50. Je vois que vous êtes conscient de votre problématique. Vous êtes rendu à la croisée des chemins », a conclu le magistrat.