Marc-André Lemieux pourra suivre une thérapie en attente de procès.

Accusé de voies fait graves: Lemieux ira en thérapie

Marc-André Lemieux, qui fait face à des accusations de voies de fait graves sur un homme de 28 ans, a pu recouvrer sa liberté en attente de procès. L’accusé au lourd passé criminel aurait assené une violente raclée à la victime à coups de poing, ce qu’il nie depuis son arrestation. L’individu de 36 ans, qui a passé dix des seize dernières années derrière les barreaux, n’est toutefois pas libre comme l’air, puisqu’il devra suivre une thérapie fermée de trois mois. La Couronne s’opposait à cette remise en liberté.

Marc-André Lemieux était de retour au Palais de justice d’Alma, jeudi, afin de subir son enquête sur remise en liberté.

L’enquête devait se tenir en novembre, mais avait été reportée puisqu’un possible règlement entre la Couronne et la défense avait été envisagé, ce qui ne s’est finalement pas produit.

Les événements pour lesquels Marc-André Lemieux a été accusé remontent au 17 septembre. Selon le récit qu’a fait la procureure de la Couronne, Me Mélanie Paré, neuf personnes étaient réunies dans un petit appartement du boulevard de Quen, à Alma, dont l’accusé et la victime. Les choses auraient dégénéré après que Lemieux ait poussé sa conjointe en lui crachant dessus, gestes que l’accusé avouera d’ailleurs en interrogatoire. Un individu, témoin des gestes de violence conjugale, aurait alors voulu intervenir. Lemieux se serait mis en colère et lui aurait assené de nombreux coups de poing au visage.

L’homme aurait perdu connaissance. Il a été secouru par les ambulanciers alors qu’il gisait dans une marre de sang. Lemieux a aidé les ambulanciers à mettre la victime sur la civière. L’accusé a été arrêté quelques heures plus tard, alors qu’il dormait sur le divan de l’appartement.

Selon les rapports médicaux, l’homme de 28 ans a eu le nez fracturé, a souffert d’une commotion cérébrale et son visage était sévèrement tuméfié. On a craint pour sa vie, mais il a dû être intubé, puisqu’il a cessé de respirer à quelques reprises. Finalement, son état s’est stabilisé et il a pu s’en remettre.

Marc-André Lemieux avait initialement été mis en état d’arrestation pour tentative de meurtre, mais ce chef a été remplacé par celui de voies de fait graves.

Détenu depuis son arrestation, Lemieux nie toutefois être l’auteur de l’agression, disant plutôt qu’il s’agit de deux autres individus, mais il refuse de dévoiler leur identité. Précisons que certaines personnes présentes ce soir-là ont un passé criminel ou sont détenues en attente de procès dans d’autres dossiers.

Quant à la victime, elle a déclaré que c’était Lemieux qui lui avait fait ça, mais le nom de deux autres personnes a également été évoqué. L’implication de ces deux autres personnes sera évidemment débattue lors du procès de Lemieux.

Marc-André Lemieux pourra suivre une thérapie en attente de procès.

Plusieurs témoins ont été interrogés par les enquêteurs sur la trame factuelle de la soirée, mais la plupart ont dit qu’ils étaient absents durant les minutes de l’agression. Diverses raisons ont été évoquées, notamment une commission au dépanneur, un tour de vélo ou une marche.

Problèmes de consommation

Jeudi, l’accusé a dit en cour vouloir suivre une thérapie pour ses problèmes de consommation, lui qui est dépendant à la drogue depuis ses 16 ans. C’était la première fois que Lemieux demandait à être libéré en attente de procès pour suivre une thérapie. Il s’est dit accro au GHB, à la morphine, au cannabis et à l’alcool. Il dit ne pas consommer de cocaïne ou de méthamphétamine puisqu’il a déjà souffert de problèmes cardiaques.

En poursuite, Me Mélanie Paré s’opposait à cette remise en liberté, estimant que cela minerait la confiance du public envers le système judiciaire et mettrait en péril la sécurité du public, notamment en raison du lourd passé judiciaire de l’accusé. Elle a également déclaré que l’accusé était vite retombé dans ses vieilles habitudes dès qu’il était sorti de prison, en juin dernier.

En défense, Me Denis Otis a fait témoigner la mère de l’accusé et l’accusé lui-même. « J’ai 36 ans, c’est pas mal ma dernière chance et je suis prêt à suivre une thérapie. Avant, ça ne me tentait pas de régler mon problème », a affirmé l’accusé, qui a admis avoir concocté de l’alcool à plusieurs occasions à l’intérieur des murs.

La juge Isabelle Boillat a consenti à libérer l’accusé, mais à condition qu’il suive sa thérapie.

Elle a notamment affirmé que l’implication du détenu face au crime qu’on lui reproche n’était pas encore très claire et que l’accusé semblait sincère dans sa motivation de vouloir régler son problème de consommation et qu’il ne mentait pas sur son passé.

Passé criminel

Marc-André Lemieux a une longue liste d’antécédents judiciaires. Il est notamment sorti de prison en juin dernier, après avoir écopé de 48 mois de détention pour trafic de stupéfiants. En effet, il a été l’un des acteurs principaux de l’Opération Nard et approvisionnait la région en comprimés de méthamphétamine.

Il a également participé au soulèvement de la prison de Roberval, en 2016.

Il a également déjà purgé des peines de prison pour des histoires de violence, notamment pour avoir enfoncé un couteau dans la cuisse d’un autre individu.

Marc-André Lemieux avait écopé de 34 mois à l’époque.

Une fois la thérapie terminée, la mère de l’accusé a dit qu’elle pouvait l’accueillir chez elle.