Les premiers témoins de la défense, représentée par Me Jean Petit, ont été appelés à la barre.

Accusé d'agressions sexuelles: une déclaration de Richard Forgues admise en preuve

La déclaration spontanée qu’aurait faite Richard Forgues à l’enquêteur de la Sûreté du Québec (SQ), lorsqu’il a été questionné sur l’une des plaignantes à son dossier d’allégations d’agressions sexuelles, a été admise en preuve par le juge Paul Guimond. L’homme de 57 ans aurait affirmé à l’enquêteur qu’il avait « fait ça pour se venger », à propos des agressions sexuelles répétées dont il est accusé.

Le procès de Richard Forgues, cet homme accusé d’avoir forcé une enfant à lui faire des fellations entre 1985 et 1988 – elle avait entre 10 et 13 ans – et d’en avoir agressé sexuellement une autre de quatre ans, toujours dans les années 80, s’est poursuivi pour une quatrième journée, lundi, au Palais de justice de Chicoutimi.

La semaine dernière, un voir-dire avait été ouvert, afin de déterminer si la déclaration spontanée et incriminante qu’a faite Forgues avant d’être mis en accusation allait pouvoir être utilisée en preuve par le ministère public. La défense s’y opposait, estimant que l’enquêteur de la SQ Langis Néron n’avait pas bien fait son travail et qu’on ne pouvait être certain que Forgues avait bel et bien dit, spontanément, avoir « fait ça » à l’enfant pour se venger du père de celle-ci, car il l’aurait agressé lorsqu’il était enfant.

Richard Forgues est accusé de huit chefs d’accusation d’agressions sexuelles sur deux victimes d’âge mineur, dans les années 80.

Le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, devait trancher cette question et il a finalement accepté que le voir-dire soit versé en preuve dans le procès. Il n’a pas pris la question en délibéré et a rendu sa décision sur le banc. Un succès pour la Couronne, puisqu’une telle déclaration a de lourdes conséquences pour un accusé.

Le juge Guimond a estimé que l’enquêteur avait bien fait son travail et qu’il n’avait pas posé de questions qui auraient pu pousser l’accusé à faire de telles déclarations.

Rappelons que c’est en appelant Forgues une première fois pour lui fixer rendez-vous à la suite du dépôt de deux plaintes d’agressions sexuelles que l’enquêteur Néron avait obtenu cette déclaration, lorsqu’il avait mentionné le nom de l’une des plaignantes.

Le beau-frère et l’épouse témoignent

Le procès s’est poursuivi tout au long de la journée de lundi, avec les premiers témoins de la défense, notamment le beau-frère et l’épouse de l’accusé.

Concernant les accusations de fellations forcées, qui auraient été perpétrées dans le cadre de la livraison de journaux à bord d’un véhicule, à Saint-Honoré, le beau-frère de Forgues, qui était camelot à cette époque – il avait environ 9 ans–, a affirmé que l’accusé ne distribuait pas le journal. Même chose du côté de l’épouse de l’individu, qui a déclaré que son conjoint n’avait jamais pratiqué cette occupation. Elle fréquentait déjà l’accusé à cette époque.

La défense a également affirmé que Forgues n’avait qu’un permis d’apprenti conducteur et qu’il ne pouvait conduire seul. Richard Forgues était âgé dans la vingtaine au moment des gestes allégués.

L’avocat qui défend les intérêts de l’accusé, Me Jean Petit, a également soumis des photos au tribunal, sur lesquelles on pouvait voir quelques-uns des frères de Richard Forgues. Ils sont six en tout et un est décédé aujourd’hui.

Ainsi, Me Petit veut démontrer à quel point les frères Forgues se ressemblent et qu’un enfant de 4 ans a pu se tromper en identifiant son client par erreur et en le confondant avec un autre frère. La particularité sur le sexe de l’accusé, qui avait été soulevée lors du témoignage de l’une des présumées victimes, à savoir un point de beauté, a encore une fois été amenée en cour, lundi. La victime disait ne pas avoir remarqué de signe distinctif, lorsque questionné par Me Petit à ce sujet, la semaine dernière.

L’épouse de l’accusé a notamment photographié l’un de ses propres grains de beauté sur la jambe, histoire de donner une idée de la grosseur de celui sur le pénis de son époux. Me Petit veut ainsi expliqué au juge Guimond que la plaignante, qui dit avoir été contrainte à faire de nombreuses fellations à Forgues, n’a pas pu manquer cette particularité.

L’épouse de l’accusé a répondu à de nombreuses questions de part et d’autre et refuse de croire que son mari ait pu poser de tels gestes.

Son témoignage se poursuit mardi, toujours au Palais de justice de Chicoutimi. On prévoit encore trois jours de procès.