L’accès était contrôlé, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi.

Accès contrôlés, couloirs déserts et beaucoup de questions dans les palais de justice

« Veuillez noter au procès-verbal, madame la greffière, que l’accusé n’est pas présent, compte tenu de la situation. Dossier reporté au 14 avril prochain. » Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a procédé à la remise de tous les dossiers jugés non urgents à dans un mois, lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, en raison de la pandémie de la COVID-19. Et pendant que les salles de cour continuaient de fourmiller à Montréal, à Chicoutimi, on aurait pu entendre voler une mouche.

Les accès étaient contrôlés, lundi matin, dans les différents palais de justice. Les constables spéciaux se chargeaient de limiter l’accès, puisque le ministère de la Justice a ordonné que tout s’y déroule à huis clos. Seules les personnes justiciables ou ayant reçu un subpoena étaient autorisées à franchir les portes. Les constables, gantés, prenaient soin que les gens se tiennent à un mètre de distance les uns des autres.

Des couloirs vides, comme on en voit rarement à Chicoutimi.

Deux femmes espéraient assister à l’enquête sur remise en liberté d’un proche, mais elles se sont fait montrer le chemin de la sortie.

« Ils auraient pu nous avertir ! », a lancé une femme, mécontente.

Des affiches avaient été installées dans les portes des palais, pour informer les gens.

Mais il est surtout là, le problème. Le ministère de la Justice n’a pu, en deux jours, contacter tous les témoins assignés, les victimes, les accusés et leurs proches pour les inviter à ne pas se présenter au tribunal. Plusieurs estimaient ne pas savoir quoi faire.

Jusqu’à maintenant, on a reporté, sauf pour les urgences. Les urgences, ce sont essentiellement les personnes incarcérées.

Des affiches avaient été installées sur les portes des palais de justice, tôt lundi matin. Les couloirs, habituellement assez achalandés, étaient complètement vides.

Et lorsqu’un accusé devant subir son procès était appelé dans le haut-parleur et qu’il ne se présentait pas, il n’y avait pas d’émission de mandat comme c’est habituellement le cas. « C’est Zombieland ! », a lancé un criminaliste, voyant que le palais de justice était désert.

La situation sera réévaluée de jour en jour, mais pour la journée de lundi, les procureurs avaient eu la consigne de reporter au 14 avril prochain les dossiers jugés non prioritaires.