Absolution pour un père aux punitions violentes

Un père de famille est allé trop loin pour discipliner ses enfants. Le Saguenéen a giflé, poussé et menacé de mort un de ses deux garçons, en 2015 et 2016. Des punitions corporelles qui sont interdites par la loi.

Le père âgé dans la trentaine a plaidé coupable à ces gestes, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Ce dernier a adopté ces comportements à quelques reprises dans les années 2015 et 2016. Le père agissait ainsi pour punir son fils qui avait 12 ans à l’époque, pendant la période des devoirs et leçons. En plus des « claques », il a notamment poussé la tête de son fils dans ses livres et à une reprise, il l’a menacé de mort.

Son plus jeune, alors âgé de 5 ans, a quant à lui été poussé une fois dans un sofa.

Avec ces accusations, l’homme risquait près de 10 ans de prison. Mais le juge Richard P. Daoust a accordé une absolution jumelée à des travaux communautaires, comme le suggérait l’avocat du père, Me Olivier Théorêt. Une proposition qui n’a pas été contestée par le ministère public.

Le cheminement du père, sa collaboration « exemplaire » au processus judiciaire et la décision de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) dans le dossier ont poussé le juge à donner une chance au père qui entretient toujours d’importants liens avec ses enfants. La DPJ, précisons-le, a évalué la situation familiale et a jugé que le développement des enfants n’était pas compromis. Le père détient d’ailleurs la garde partagée. « Les faits sont simples, mais troublants. Vous le savez. Mais c’est un cheminement peu commun. Je suis impressionné par le travail que vous avez fait », a affirmé le juge Daoust, considérant nuls les risques de récidive.

Le père a en effet effectué plusieurs thérapies au cours des deux dernières années. L’homme combattait un cancer pendant la période où il s’est montré plus violent avec ses enfants. « J’avais de la difficulté à gérer mes émotions à ce moment », a expliqué le père, qui a été suivi par une psychologue.

Il a également été accompagné pour un problème de santé mentale, la dysmorphobie. Il s’agit d’un trouble qui pousse la personne à se voir négativement, à exagérer ou créer un défaut physique. Ce trouble peut notamment mener à l’anorexie. L’accusé a effectué plusieurs séances avec un psychiatre à ce sujet.

« Je n’ai pas de mot pour décrire à quel point c’est triste ce qui s’est produit. Tout ce que je veux faire, c’est essayer d’être la meilleure personne pour montrer les vraies valeurs à mes enfants. Avant, c’était l’argent, le pouvoir, la possession. Ce n’est pas ça les vraies valeurs. Je ne peux pas changer le passé, mais je peux réécrire l’avenir », a laissé tomber le père, admettant aussi avoir mis trop de pression sur ses enfants.

L’absolution a été demandée, en raison de la nature du travail de l’accusé. Un casier judiciaire lui ferait perdre son travail et ainsi un risque d’entraîner une incapacité à subvenir aux besoins des enfants.