Marc-André Chantal

À qui le pot ?

Les trois hommes ont été arrêtés le 20 janvier 2011 en train d'étendre une ligne de PCP dans une camionnette Dodge Ram au bout du chemin de la Chaîne, à Laterrière. Ce sont des plaintes des voisins pour tapage et attroupement de jeunes qui ont amené sur place les policiers. Ils ont vu deux véhicules stationnés, dont une camionnette occupée par trois personnes.
<p>Michel Gagné</p>
<p>Dave Girard</p>
Ils ont découvert dans cette camionnette 1800 grammes de marijuana dans un sac d'épicerie et une petite quantité dans un sac à dos, 51,73 grammes de PCP, 3825$ dans les poches de Marc-André Chantal et 1890$ dans celles de Dave Girard. Ces deux derniers ont refusé de faire des déclarations pour expliquer la provenance d'autant de comptant dans leurs poches.
Michel Gagné nie être le propriétaire de la grosse quantité de marijuana trouvée dans son véhicule et affirme être consommateur de PCP à cette époque. Il reconnaît avoir été en possession du PCP. Pas de la grosse quantité de marijuana. D'ailleurs, il ne sait pas comment une aussi grande quantité de marijuana a bien pu se retrouver dans le véhicule qu'il possède depuis 2007. Il ne peut fournir non plus une explication à une autre quantité de drogue saisie dans son coffre à gants.
Aux enquêteurs, il a toutefois déclaré qu'il se pourrait que ses empreintes soient sur le sac, mais au procès, sa version s'est précisée: «Je voulais dire du sac de PCP».
Défense
Les trois avocats de la défense ont tour à tour plaidé qu'il n'y a aucune preuve de l'appartenance de la drogue à leurs clients.
Ceux de Girard et Chantal s'appuient sur l'absence d'aveux de leurs clients et de l'incapacité de Gagné à les désigner comme propriétaires.
Michel Gagné, les yeux mi-clos, a témoigné au procès et tenté de disculper tout le monde. Il se décrit comme un drogué à l'époque de la saisie et certifie qu'il ne consomme plus de drogue depuis son arrestation. S'il a déclaré aux policiers que ses empreintes pouvaient se retrouver sur le sac de PCP, c'est qu'il en a vérifié la qualité. «C'est mon produit. C'est beau et ça sent bon. C'était toute ma vie. J'étais maladif. Un vrai drogué», a expliqué Michel Gagné.
DPCP
L'avocat du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Michaël Bourget, a demandé au juge Pierre Simard de la Cour du Québec d'inférer un verdict de culpabilité pour Michel Gagné à partir de son témoignage. «Deux gars avec plus de 5000$ dans les poches et de la drogue dans la camionnette de Gagné», a résumé en substance l'avocat qui se demande bien ce qu'ils pouvaient bien faire d'autre qu'une transaction. Trois individus avec autant d'argent et de drogue dans le fond d'un rang de Laterrière.
Le juge Simard a semblé hésitant à aller dans cette direction en posant le dilemme: «Je peux inférer, mais pas spéculer.»
Me Bourget invite le juge à inférer sur la base de la crédibilité de Michel Gagné qui n'a offert que des réponses floues à ses questions précises.
Le juge rendra verdict le 7 mars au Palais de justice de Chicoutimi.