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Benjamin Drouin restera détenu en attendant la sentence que doit prononcer la juge Isabelle Boillat.
Benjamin Drouin restera détenu en attendant la sentence que doit prononcer la juge Isabelle Boillat.

À l’ombre malgré ses supplications au juge

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
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Benjamin Drouin a eu beau le supplier de le remettre en liberté, de lui dire qu’il avait souvent manqué à ses obligations, mais qu’il était en train de changer, le juge Michel Boudreault a ordonné sa détention jusqu’au prononcé de sa sentence pour une kyrielle de dossiers, le 29 avril.

Le 21 août 2020, l’homme de 47 ans au visage tatoué avait reconnu sa culpabilité à plusieurs crimes de vols, manquements à ses conditions de remise en liberté, d’entrave au travail des policiers et de méfaits commis à Laval puis au Saguenay en 2018 et 2019. Selon Me Marie-Ève St-Cyr, du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), la consommation d’alcool est le principal problème de l’individu qui fait notamment des vols à l’étalage de viniers et de boissons alcoolisées. La juge Isabelle Boillat l’avait laissé en liberté et ordonné la rédaction d’un rapport présentenciel, mais le 7 janvier, il était absent de la cour pour entendre les représentations sur sa sentence en invoquant des symptômes de la COVID-19. Le 25 février, alors que son dossier revenait devant la juge Boillat, il était encore absent et le 19 mars, brillant toujours par son absence, la juge avait émis un mandat d’arrestation.

Alors qu’il comparaissait du centre de détention de Roberval, mercredi, l’individu dont les premiers crimes remontent à 1991 a expliqué que le 25 février, il était hospitalisé depuis trois semaines pour un traitement aux antibiotiques puissants pour une infection bactérienne à la jambe. Le problème, c’est qu’il n’en avait pas avisé son avocat, Me Pierre Gagnon, qui tentait d’ailleurs de le rejoindre depuis plusieurs jours, mais sans succès, car son téléphone cellulaire à carte n’avait plus de minutes.

Comble de malchance, son père est décédé le 28, deux jours après sa sortie de l’hôpital. « Je suis allé à Montréal pour soutenir ma mère. Avec les émotions, j’ai négligé mes affaires, mais j’avais l’intention de contacter mon avocat après Pâques », a-t-il expliqué.

Benjamin Drouin, qui se dandinait nerveusement pendant l’audition, a admis qu’il avait un lourd passé, mais qu’il faisait des efforts pour changer, qu’il avait contacté les AA et voyait régulièrement son parrain, et qu’il suivait un traitement à la méthadone.

Me St-Cyr s’est opposée à sa remise en liberté en invoquant sa multitude de dossiers, dont de nombreux manquements, qui lui ont déjà valu une révocation d’une sentence avec sursis, ainsi que son dossier disciplinaire en détention comportant neuf événements.

Le juge n’a eu aucun doute quant à la nécessité de le garder en détention. « Je suis bien sympathique face aux problèmes que vous avez vécus dans votre vie. Mais ça, on en tient compte quand on prononce une peine. Là, mon seul devoir est de me demander si je peux vous remettre en liberté tout en ayant confiance que vous serez présent la prochaine fois et la réponse est non. Ça fait trois fois que vous ne vous présentez pas et je n’ai aucune garantie », a conclu le juge Boudreault.