Me Luc Tourangeau a affirmé que sa cliente n’avait pas le profil d’une criminelle et que ses problèmes personnels l’avaient poussée à prendre de mauvaises décisions.
Me Luc Tourangeau a affirmé que sa cliente n’avait pas le profil d’une criminelle et que ses problèmes personnels l’avaient poussée à prendre de mauvaises décisions.

90 jours de prison pour avoir floué son employeur de 25 000$

Une femme de 51 ans a écopé d’une peine de 90 jours de prison à purger les fins de semaine pour avoir fraudé son ex-employeur, la semaine dernière, au Palais de justice de Chicoutimi. L’accusée a admis avoir dérobé des sommes totalisant 25 000 $, durant une douzaine d’années, en s’attribuant notamment des hausses de salaire illégalement.

Initialement, Maryse Tremblay était accusée d’avoir fraudé son ex-employeur, l’entreprise Ferblanterie Exp Air de Saint-Ambroise, d’un montant de 47 000 $. La femme avait plaidé non coupable et le procès devait s’ouvrir la semaine dernière, au Palais de justice de Chicoutimi. Mais après négociations entre la Couronne et la défense, le dossier s’est plutôt réglé par un plaidoyer de culpabilité. Les deux parties se sont entendues pour un montant de 25 000 $, que la femme devra rembourser, et l’entreprise n’étant plus active aujourd’hui, c’est son ancien propriétaire qui recevra cette somme.

L’homme et des membres de sa famille étaient d’ailleurs présents au Palais de justice, lors du prononcé de la sentence. L’accusée et plusieurs de ses proches prenaient aussi place dans la salle d’audience.

Durant une douzaine d’années, Maryse Tremblay, qui était chargée de la comptabilité de l’entreprise, s’est octroyé des vacances et des hausses de salaire illégalement. Elle estimait faire trop d’heures pour le salaire qu’elle recevait. Il y aurait également eu des virements bancaires injustifiés.

Son employeur, constatant des anomalies dans les comptes, avait ouvert une enquête. Mme Tremblay a été accusée de fraude quelque temps plus tard.

La Couronne, représentée par Me Jean-Sébastien Lebel et Me Élise Tremblay, et la défense, représentée par Me Luc Tourangeau, ont finalement soumis une suggestion commune au juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Les deux parties ont suggéré une peine de 90 jours de détention, mais à purger de façon discontinue, une probation de deux ans, de même que l’obligation de rembourser les sommes dérobées.

Déjà, un montant de 20 000 $ a été remis à l’ex-employeur floué.

« Je peux vous dire que Mme Tremblay s’en sort assez bien, car dans de tels cas, on voit facilement des peines de 6 à 18 mois de détention. N’eût été le plaignant, qui a été très patient, qui a accepté le règlement et qui a su faire la part des choses, il y aurait eu un procès avec une peine exemplaire demandée », a affirmé le procureur de la poursuite, Me Lebel.

De son côté, Me Luc Tourangeau a affirmé que sa cliente n’avait pas le profil d’une criminelle et que ses problèmes personnels l’avaient poussée à prendre de mauvaises décisions.

Le juge Michel Boudreault a accepté la suggestion commune. « Je crois que votre passage ici est un cas isolé, un manque de jugement de votre part. Vous êtes chanceuse. Je vois que vous êtes entourée de vos proches. Je sentence des gens qui ne sont pas accompagnés lorsqu’ils reçoivent leur peine. Bonne chance », a affirmé le juge Boudreault, précisant toutefois que des cas de fraude de la sorte peuvent mener jusqu’à des peines de pénitencier.