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Le juge Pierre Lortie.
Le juge Pierre Lortie.

60 jours de prison pour avoir voulu finir la job du caporal Lortie

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
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Facebook continue d’alimenter les rôles criminels des palais de justice.

Mardi, un individu transgenre éprouvant des problèmes de santé mentale a été condamné à 60 jours de prison pour avoir menacé le gouvernement de «finir la job du caporal Lortie». C’est la deuxième fois cette année qu’un individu du Saguenay est condamné par les tribunaux pour avoir fait référence à la tuerie de 1984 à l’Assemblée nationale. Martin Toulouse, qui avait publié une vidéo de l’événement sur sa page Facebook pour protester contre le port du masque, a écopé à la fin mai d’une amende de 750$.

Cette fois, cependant, l’accusé pouvait difficilement s’en tirer sans détention, car il s’agissait d’une deuxième récidive. La femme en processus pour devenir un homme, jusque là sans antécédent criminel, avait purgé 21 jours en décembre 2020 pour avoir menacé le gouvernement une première fois. Il avait récidivé en février 2021 et avait vu sa peine doubler avec 45 jours de détention. Il a recommencé en juin avec cette publication: «François Legault abuse de son pouvoir. Je vais aller faire ce que le caporal Lortie n’a pas pu terminer calisse».

Me Olivier Théorêt.

Arrêté le 12 juin, il est détenu depuis à la prison de Roberval. Étant donné ses problèmes de santé mentale, la cour avait demandé une évaluation psychiatrique sur son aptitude à comparaître qui est revenue positive. Alors qu’on était à l’étape de l’enquête sur remise en liberté, mardi, l’accusé a décidé de plaider coupable et les avocats en poursuite et en défense se sont entendus pour suggérer au juge Pierre Lortie une peine de 60 jours, pour respecter la gradation des sentences.

Pour sa défense, Me Olivier Théorêt a souligné que son client, en plus d’un trouble cognitif et d’un problème de personnalité, avait également un problème de toxicomanie dont il souhaite se débarrasser.

«Faites attention pour ne pas récidiver, car la prochaine fois, la peine sera beaucoup plus forte, a mis en garde le juge Lortie. Je comprends que tout est associé à une problématique de santé mentale, mais ça doit cesser.»

L’individu ne restera pas longtemps derrière les barreaux puisqu’il est détenu depuis le 12 juin, ce qui donne 57 jours à temps et demi. Mais à sa sortie, il sera soumis à une ordonnance de probation de deux ans, qui sera ajoutée à l’ordonnance d’un an prononcée en décembre dernier. Il ne pourra importuner le premier ministre François Legault ou son éventuel successeur ni les membres du gouvernement, ne pourra se trouver aux alentours de l’Assemblée nationale, et ne pourra posséder d’arme à feu. Il devra aussi contacter son médecin traitant et prendre les médicaments qui lui seront prescrits.