Martin Gagnon-Bouchard tremblait en attendant la décision du juge Jean Hudon. Il a fraudé son employeur pour se payer les services de prostituées.

27 000 $ de prostituées payées avec l'argent de son employeur

Durant huit mois, le Jonquiérois Martin Gagnon-Bouchard a dépensé plus de 27 000 $ de l'argent de son employeur pour se payer les services de prostituées. Il voulait se faire dire qu'il était beau et gentil.
Le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, impose 240 heures de travaux communautaires à l'individu de 37 ans du rang Saint-Benoit, à Jonquière, en plus de le soumettre à une probation et à un suivi de 36 mois pour une fraude de 27 161,71 $ aux dépens de Location d'outils Simplex et de 2112 $ à l'encontre de Mécani Pneu.
Le magistrat s'est rangé derrière la suggestion de Me Jean-Marc Fradette, en défense, même si les travaux communautaires se situaient en dessous de la fourchette des peines imposées habituellement en matière de fraude.
Me Marie-Josée Hamelin-Gagnon, de la Couronne, demandait les travaux bénévoles, mais voulait aussi une peine d'emprisonnement de trois mois et le remboursement des sommes éludées.
De mai à décembre 2014, Gagnon-Bouchard était responsable de la comptabilité chez Location d'outils Simplex, de Chicoutimi. Il avait la confiance de son employeur.
À quelques occasions chaque mois, il prenait une somme d'argent pour faire venir des escortes lorsqu'il se trouvait seul sur les lieux de son travail.
« J'avais besoin de sexe. Je voulais aussi me faire dire que j'étais beau et gentil. J'ai su que c'était vrai tant que je payais », a mentionné l'accusé en guise d'explications.
« Toute cette affaire m'a permis de découvrir que j'avais une problématique sexuelle. Je vois un psychiatre et une sexologue (à mes frais) afin de bien comprendre mes problèmes », de noter le père de famille.
Même si le juge Hudon s'est rangé derrière la suggestion de la défense, il a tenu compte des facteurs aggravants comme la confiance de l'employeur, l'ampleur de la fraude, la planification et la durée de la fraude. Il a retenu comme facteurs atténuants le plaidoyer de culpabilité, l'absence d'antécédents judiciaires et sa volonté de régler ses problèmes.
« Ce n'est pas un cadeau que je vous fais. Mais ça va vous permettre de continuer à assister à vos rencontres avec le psychiatre et la sexologue. Vous devrez d'ailleurs suivre les directives de la probation et participer à des thérapies », précise le juge.
« Je ne demanderai pas le remboursement des fraudes à Mécani Pneu (pour de la marchandise) ni à Simplex (qui a eu un remboursement de l'assurance), surtout que vous n'avez pas les ressources financières pour le faire », a ajouté le magistrat.
Gagnon-Bouchard sait très bien qu'il ne pourra plus jamais travailler en comptabilité en raison de la nature de son antécédent judiciaire.
Il a entrepris un cours de mécanique industrielle. Il a dû arrêter en décembre en raison d'un manque d'argent. Il devrait reprendre ses cours au printemps et espère redevenir un actif pour la société.