Jean-Francois Martel-Poliquin a pris le chemin de la prison.

24 mois de prison pour alcool au volant

Jean-François Martel-Poliquin, 35 ans, a reçu une peine de 24 mois moins un jour, pour avoir causé des blessures importantes à un couple alors qu’il conduisait avec les facultés affaiblies par l’alcool. Les blessures ont mené jusqu’à l’amputation de la jambe gauche d’une des victimes.

L’accident s’est produit en 2013, sur l’autoroute 70. Pour une raison inconnue, Martel-Poliquin a percuté le derrière de l’Oldsmobile 1957 du couple originaire de la Côte-Nord. La voiture antique a alors traversé les deux voies et frappé de plein fouet un garde-fou. Les deux occupants ont été éjectés, car ils n’étaient pas retenus par une ceinture de sécurité. La loi permet en effet aux conducteurs de voitures anciennes de ne pas installer de ceinture de sécurité.

Martel-Poliquin, alors âgé de 31 ans, était sous l’effet d’alcool et il a été reconnu comme étant le « seul responsable de cet accident ». Aucune faute ne peut être imputée aux victimes, a insisté le juge Michel Boudreault, qui a opté pour une peine sévère.

« Monsieur et madame Tout-le-monde doivent savoir que s’ils causent la mort ou des lésions corporelles alors que leur capacité à conduire est diminuée par l’effet de l’alcool ou d’une drogue, ils seront sévèrement punis. Même si leur passé est sans tache et qu’ils se sont toujours comportés en honnêtes citoyens », a rappelé le juge. 

La Couronne réclamait de 18 à 24 mois pour l’accusé. Le juge est donc allé à l’extrémité de la fourchette de peine proposée par le ministère public. 

« C’est une sentence qu’on considère sévère, mais on n’a pas l’intention d’aller en appel étant donné qu’elle se trouve à l’intérieur de la fourchette mentionnée par les tribunaux supérieurs. Les lésions, on ne pouvait pas contourner ça. On savait que ça allait pencher dans la balance pour une peine plus sévère », répond son avocat, Me Julien Boulianne. 

Ce dernier avait proposé une peine de prison de 90 jours, purgée les fins de semaine, assortie d’un don de 3000 $ versé aux victimes et des travaux communautaires. De cette façon, le père d’un bébé de quelques mois aurait pu demeurer un « actif » pour la société. 

« Il y avait un changement de cap depuis, il ne consommait plus, il est un actif pour la société. Il est apprécié par son employeur. Il avait une vie de famille stable. Il est père d’un bébé de quelques mois. On avait un rapport présentenciel très positif, donc on essayait de voir si on ne pouvait pas obtenir une sentence qui permettait à monsieur de continuer à demeurer un actif pour la société tout en payant son dû. Par de l’emprisonnement en fin de semaine, par un don aux victimes et des travaux communautaires. Par contre, le juge a considéré que ça devait être une peine plus sévère », a constaté Me Boulianne.

La conjointe de Martel-Poliquin s’est effondrée en larmes en attendant la sentence. 

« C’est une situation difficile pour la conjointe. Il était soutien familial, donc elle devra se débrouiller seule pour plusieurs mois avec un jeune bébé. Ce n’est pas une situation facile pour personne », a commenté Me Boulianne.

Les deux victimes étaient également présentes au palais de justice de Chicoutimi. L’accident a complètement chamboulé la vie du couple, a rappelé le juge. 

« Elle (la dame) éprouve encore beaucoup de colère face à cette alternative (l’amputation) puisque ses jambes lui étaient indispensables pour travailler auprès de ses patients, pratiquer des loisirs et voyager. Aujourd’hui, elle a honte de son corps », a souligné le juge, en faisant référence à la déclaration de la victime déposée au tribunal.