22 nouvelles accusations contre l'homme qui a fait cinq enfants à sa belle-fille

L’homme qui a fait cinq enfants à sa belle-fille aurait également agressé sexuellement deux de ses sœurs, entre 1968 et 1975. De premières accusations avaient été déposées l’an dernier et l’homme devait subir son enquête préliminaire, mercredi, au Palais de justice de Chicoutimi. Mais voilà que de nouvelles accusations sont tombées, cette fois-ci concernant une autre de ses sœurs. Viol, attentats à la pudeur, inceste, grossière indécence ; l’individu qui purge une peine de six ans de pénitencier pour avoir agressé sa belle-fille fait maintenant face à 22 nouveaux chefs d’accusation. Tous à caractère sexuel.

L’histoire sordide de cette famille de Saguenay a ressurgi dans trois dossiers, mercredi, au Palais de justice de Chicoutimi. L’homme qui avait été reconnu coupable d’agression sexuelle sur sa belle-fille (cinq enfants sont nés de ces agressions) était de retour en cour pour subir son enquête préliminaire concernant des accusations liées à l’une de ses sœurs. En décembre 2017, on apprenait en effet que l’individu aurait abusé de sa jeune sœur alors qu’il était lui-même mineur, mais également après qu’il soit devenu majeur. Mais mercredi, la Couronne a informé le tribunal qu’une autre de ses sœurs avait porté plainte contre lui.

Étant donné que de nouvelles accusations ont été déposées et que la journée était particulièrement chargée au palais de justice, l’enquête préliminaire n’a pu procéder pour le premier cas. Les deux causes ont d’ailleurs été remises au 13 décembre prochain.

L’individu, dont nous taisons l’identité pour protéger les victimes, a plaidé non-coupable aux 22 chefs d’accusation. Ses intérêts sont défendus par Me Jean-Marc Fradette.

Celui qui purge sa peine dans un établissement carcéral de la Nouvelle-Écosse avait été transféré au pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines avant d’être conduit à Chicoutimi. Il devra toutefois attendre jusqu’au 13 décembre pour en savoir plus sur son sort, date à laquelle témoigneront ses deux sœurs.

Les crimes auraient été commis entre 1968 et 1975, alors que les présumées victimes avaient entre quatre et 18 ans.

L’homme qui est âgé dans le début de la soixantaine avait écopé de six ans de pénitencier en décembre 2016, après avoir été reconnu coupable d’attouchements et d’agressions sexuelles, ainsi que de voies de fait sur la fille de sa conjointe. L’histoire avait fait grand bruit, étant donné l’ampleur des gestes commis, mais surtout en raison de la naissance des cinq enfants. L’homme avait finalement plaidé coupable, évitant ainsi à la victime de témoigner.

La victime était tombée enceinte à 17 ans pour la première fois, alors que les attouchements avaient commencé lorsqu’elle n’avait que 13 ans.

Les enfants nés de cette relation ont été retirés du milieu et placés en famille d’accueil. C’est d’ailleurs l’un de ses enfants qui avait mis la puce à l’oreille des enquêteurs et qui avait mené à ces accusations.

La mère de la victime avait aussi été accusée d’agression sexuelle sur sa fille (voir autre texte).

Quant à ceux qui s’interrogent sur le fait que la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) ne soit pas intervenue dans cette affaire, une enquête interne a démontré que le travail avait été fait, mais que personne ne pouvait se douter de la relation particulière entre l’accusé et la victime.

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LA MÈRE CITÉE À PROCÈS

La conjointe de l’homme au moment des faits, en l’occurrence la mère de la victime, est citée à procès pour agression sexuelle. Au terme de l’enquête préliminaire qui avait lieu mercredi au Palais de justice de Chicoutimi, la femme a appris qu’elle devrait subir son procès le 25 mars prochain. Elle aurait participé à des actes sexuels avec son conjoint et sa fille, entre 1996 et 2013. 

L’enquête préliminaire s’est tenue à huit clos, mercredi, durant environ cinq heures. La cause est également frappée d’une ordonnance de non-publication, compte tenu de la nature des accusations. Il n’est donc pas possible de divulguer ni l’identité de la femme ni ce qui s’est dit dans la salle de cour. 

La mère et la victime étaient présentes toutes les deux au Palais de justice de Chicoutimi, mais elles ne se sont pas vues physiquement, puisque la Couronne avait demandé à ce qu’un paravent soit installé, de sorte que la victime se sente à l’aise de s’adresser au juge de la Cour du Québec, Michel Boudreault. 

À l’extérieur de la salle d’audience, la mère était appelée à se diriger dans un corridor, afin que sa fille puisse entrer dans la salle sans la voir. La mère pouvait la suivre une fois que sa fille était installée derrière le paravent. La Couronne avait également demandé à ce que la victime puisse avoir en sa possession une poupée de silicone, conçue à des fins thérapeutiques. Cette demande a été accueillie favorablement. 

La victime était accompagnée d’une intervenante du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) et de proches. Quant à la mère, elle était accompagnée par un homme. Ce dernier devait également attendre à l’extérieur de la salle d’audience. 

L’enquête préliminaire a été suspendue à quelques reprises, en raison de l’émotivité de la situation. La victime sortait de la salle en pleurs et se dirigeait dans un petit local, toujours accompagnée d’une intervenante. 

L’enquête préliminaire s’est terminée peu avant 16 h et la cause reviendra en cour en mars.