Le reconstitutionniste en scène d’accident du Service de police de Saguenay, Pierre Girard, a mené son enquête en lien avec l’accident mortel de jeudi matin sur le boulevard Saguenay, afin de déterminer ce qui a pu se produire.

« Un décès, c’est un de trop »

« Oui les automobilistes doivent être plus prudents aux approches d’un chantier routier, mais il faut plus. Ça prend plus de sécurité. Un décès, c’est un de trop. Les gens travaillent pour gagner leur vie, pas pour la perdre. Il faut que le gouvernement accepte d’identifier les chantiers actifs et non actifs et il doit augmenter la sécurité. »

Le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) construction, Carl Dufour, implore le ministère des Transports à renforcer la sécurité sur les chantiers de construction du réseau routier québécois.

M. Dufour est bien au courant de la tragédie survenue jeudi matin sur le boulevard du Saguenay, à Jonquière, où un membre de l’organisation syndicale a été happé mortellement par un véhicule alors qu’il était à pied d’œuvre sur un chantier.

« Je ne peux pas m’avancer véritablement sur la sécurité aux abords du chantier, mais je peux penser qu’elle n’était pas adéquate, car on a eu un accident mortel », mentionne M. Dufour, lors d’un entretien téléphonique.

« Je peux vous dire que nos travailleurs vivent un stress quotidien. En raison du travail, mais surtout sur le fait qu’ils se demandent s’ils vont revenir chez eux à la fin de leur quart de travail. Car la seule protection qu’ils ont, c’est un cône orange. Ça ne protège pas grand-chose », ajoute-t-il.

En fin de semaine, Carl Dufour discutera encore une fois de la sécurité de ses membres aux abords des nombreux chantiers au Québec. Il leur demandera un mandat pour discuter avec le gouvernement.

Surtout que les chantiers seront en prolifération étant donné que Québec injectera 4,8 milliards de dollars pour des travaux de réfection ou de construction de routes.

Carl Dufour, président de la CSD construction, demande au gouvernement d’améliorer la sécurité aux abords des chantiers routiers.

« Ça veut dire un chantier à chaque coin de rue. Il faut améliorer la sécurité. Il faut au minimum des murets de ciment. Il faut que ça change, car ça fait trop longtemps que ça dure. »

« Mais nous allons aussi demander à ce que le ministère identifie les chantiers non actifs et les chantiers actifs. Lorsqu’un automobiliste passe un premier chantier où il n’y a pas de travailleurs, il se demande pourquoi il doit respecter les limites. C’est la même chose pour un deuxième chantier inactif. Et lorsqu’il arrive sur un chantier actif, il ne s’y attend pas et il roule sans tenir compte des limites de vitesse. Il faut changer ça. Ça enlèverait une pression sur les épaules des conducteurs », dit-il.

Le président de la CSD construction croit que le gouvernement peut trouver une solution, surtout lorsque l’on sait que la technologie actuelle permet à un conducteur automobile de connaître tous les endroits où il y a un chantier de construction.

M. Dufour ne cache pas que de nombreux automobilistes et camionneurs roulent à 100 km/h même si la limite est fixée à 70 km/h.

« C’est de plus en plus dangereux. Depuis le début des années 2000, il y a deux millions d’automobilistes de plus sur les routes », note-t-il.

Selon les statistiques, en 2014, il y avait un décès par année sur les chantiers. En 2018, il y en a eu trois.

Pour les blessés, il y en avait 15 entre 2014 et 2017. Il y en a eu 31 l’an dernier.

Pour revenir à l’accident mortel de Saguenay, un coroner étudiera le dossier et fera ses recommandations dans les mois à venir.

Plusieurs messages de sympathies ont été rédigés sur la page Facebook de la victime. Certains disent que ce travailleur était une excellente personne et que son départ crée un grand vide.