Le professeur à la retraite Bruno Bonneau est représenté par Me Charles Cantin.

« Je vais aller te la fermer »

Le procès du professeur à la retraite Bruno Bonneau, accusé de voie de fait simple sur un élève de 14 ans, s’est ouvert, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi. L’adolescent âgé de 15 ans maintenant s’est présenté à la barre, répétant que son professeur l’avait agrippé au collet pendant un cours, le plaquant contre sa chaise, afin qu’il cesse de parler.

C’est la présumée victime et un copain de classe qui ont témoigné lors de cette première journée de procès, qui devrait reprendre après les Fêtes.

Les événements se seraient produits le 9 novembre 2017, aux alentours de 10 h 50. Il s’agissait de la dernière période de cours avant l’heure du dîner.

Peu de temps après le début du cours, un autre professeur aurait frappé à la porte de la classe, demandant à Bruno Bonneau quelque chose. Les élèves se seraient alors mis à parler entre eux, et Bruno Bonneau aurait dit à l’adolescent, toujours selon le témoignage de celui-ci, de « se fermer la bouche ».

Les élèves auraient toutefois continué à discuter, dont la présumée victime, qui affirme parler « plus fort que les autres ».

« Ferme-la, sinon, je vais aller te la fermer », aurait alors dit le professeur à l’adolescent.

Un échange s’en serait suivi. À ce stade-ci du procès, les versions dudit échange divergent toutefois d’un jeune à l’autre. Selon la présumée victime, l’adolescent aurait demandé à Bruno Bonneau ce que signifiait « te la fermer », alors que selon l’autre jeune, la présumée victime aurait plutôt invité le professeur à venir « lui fermer la bouche ».

La présumée victime a affirmé, durant son témoignage, qu’il croyait que son professeur blaguait, comme il avait l’habitude de le faire.

Bruno Bonneau se serait toutefois dirigé vers le jeune, l’aurait empoigné au collet et l’aurait brassé, l’accotant au fond de sa chaise, puis au mur – la chaise était adossée au mur. L’altercation aurait duré entre cinq et dix secondes, puis le silence est revenu en classe. Le cours s’est poursuivi.

C’est le soir de l’incident que l’adolescent a décidé de se rendre au poste de police avec ses parents pour porter plainte. Bruno Bonneau a ensuite été accusé de voie de fait. Il a plaidé non coupable à cette accusation.

En contre-interrogatoire, l’avocat de l’accusé, Me Charles Cantin, a voulu démontrer que l’adolescent avait invité le professeur à se diriger vers lui. Il a également affirmé à plusieurs reprises qu’aucun coup n’avait été porté et que la présumée victime n’avait pas été projetée au mur.

Le témoignage d’un copain de classe a été plus ardu, puisque sa version des événements ne concordait pas avec celle qu’il avait faite le jour de l’événement.

La professeure qui était allée emprunter quelque chose dans la classe de Bruno Bonneau, et qui aurait assisté à la scène, devrait également être invitée à la barre des témoins.

Étant donné la lourdeur du rôle au Palais de justice de Chicoutimi, jeudi, le procès a dû être ajourné, et seuls deux témoins ont été entendus. Bruno Bonneau devrait également donner sa version des faits ultérieurement.

La date du 5 février a été retenue, mais une conférence entre la Couronne et la défense devrait permettre de fixer d’autres dates, puisque le procès nécessitera deux jours.