Me Louis Belliard, avocat en défense, a bien essayé d’obtenir les réponses qu’ils désiraient auprès du témoin Éric Maltais, mais n’y est pas vraiment parvenu.

« À 25 000 $, j’y ai pensé »

« Lorsque Jimmy a parlé d’un montant de 25 000 $ pour tuer son ex-conjointe, j’y ai pensé une fraction de seconde. Je lui ai dit que j’étais pour y penser. Mais je n’ai pas réfléchi longtemps. »

Éric Maltais, celui qui a dénoncé les intentions malveillantes de son grand ami aux policiers de la Sûreté du Québec (SQ), avoue que cela lui a passé par la tête, mais qu’il n’aurait jamais été en mesure de faire une chose comme celle-là.

« Je n’ai jamais dit à Jimmy que je le ferais pour 10 000 $, mais à 25 000 $, j’y ai pensé, mais pas longtemps. Et non, ce n’est pas vrai que j’ai dit à Jimmy de passer ma femme et qu’en retour, je m’occuperais de la sienne », a indiqué le témoin à une question de Me Louis Belliard, avocat en défense.

Jimmy Bouchard lui avait demandé son aide rapidement, en 2013, afin de l’aider à se débarrasser de son ex-conjointe, pour qu’il ait la garde exclusive de son garçon. Bouchard voulait qu’il lui trouve des armes et de la main-d’oeuvre pour faire le sale boulot. Maltais n’a pas été en mesure de répondre aux attentes de son ami. Il n’a pas fait véritablement les efforts pour y arriver, a-t-il dit.

Contre-interrogé sur les raisons qui ont poussé l’accusé à lui faire confiance à ce point, Éric Maltais a fait référence à son passé.

« Il a cru que je pourrais lui dénicher des armes en raison des contacts avec le milieu criminalisé que j’avais eus dans le passé. J’ai déjà fréquenté des membres des motards. À l’époque du projet de Jimmy, j’avais encore des connaissances », a répondu Éric Maltais.

Durant son témoignage, Maltais a mentionné que Bouchard lui avait dit avoir trouvé une personne pour remplir le contrat, mais que celle-ci s’est désistée. Elle n’acceptait pas que les enfants puissent être des victimes collatérales, l’accusé ayant dit de tuer l’ex-conjointe, même s’il y avait des gens à proximité.

« Dès que la ressource a su qu’il fallait [peut-être] éliminer des enfants, il a refusé. Il a dit que ça ne se faisait pas de mettre un contrat sur la tête d’enfants », a exprimé M. Maltais.

Éric Maltais

Relativement à l’intervention policière, Maltais a rappelé qu’il avait donné les informations sur les projets de Bouchard à un agent de la SQ, quelques mois avant l’arrestation. Le témoin a ensuite rencontré un enquêteur afin de lui faire part de ce qu’il savait.

Quelques semaines plus tard, les responsables de la SQ ont préparé le projet Contrition afin de piéger Bouchard.

« Ils voulaient savoir si Jimmy était pour mordre s’ils envoyaient un agent d’infiltration. Je leur ai dit oui, sans hésiter, car je savais que Jimmy voulait que ça se fasse avant le 6 décembre (présence au tribunal pour la garde de l’enfant). Ils l’ont contacté une première fois et il était très heureux d’avoir un nom (et un numéro de téléphone) pour faire le travail », a ajouté Éric Maltais.

Une rencontre a ensuite été confirmée pour le 1er décembre 2016 dans un restaurant de Chicoutimi. Bouchard voulait que Maltais l’accompagne, mais celui-ci a dit qu’il n’était pas en mesure d’y aller.

Bouchard s’est présenté à Saguenay et est retourné à Saint-Stanislas, là où il demeurait, pour aller chercher une somme de 3000 $, qui devait servir de premier versement.

« Il a fait l’aller-retour dans la tempête et a rencontré l’agent d’infiltration une deuxième fois à la Cage aux sports pour donner le montant », a poursuivi Éric Maltais.

Par la suite, le policier a procédé à l’arrestation de Bouchard pour un crime qui n’aura finalement pas été commis.

Reprise jeudi

Quant à Éric Maltais, avant de tout raconter, il a rempli une déclaration assermentée, précisant qu’il était passible d’accusations criminelles s’il mentait ou faisait de fausses déclarations.

Le procès fait relâche mercredi et reprendra jeudi et vendredi.