Le Chicoutimien Jean-Philippe Blanchette

Jusqu’à cinq ans de pénitencier

Même s’il ne connaît pas encore la peine qui l’attend, le Chicoutimien Jean-Philippe Blanchette sait qu’il prendra le chemin de la prison. La Couronne réclame une sentence de 48 à 60 mois de pénitencier, alors que la défense croit que 18 mois de détention satisferaient la justice.

L’homme de 37 ans, du chemin de la Réserve, a assisté aux plaidoiries sur sentence, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi, lui qui a été reconnu coupable d’avoir conduit son véhicule avec un taux d’alcool supérieur à la limite permise de .08, occasionnant la mort de sa conjointe Kathleen Haché-Binette, le soir du 15 août 2014, et de conduite avec les facultés affaiblies. Ils s’étaient rendus en Jeep dans un sentier hors-piste, au bout de la rue Jobin, à Chicoutimi. Le véhicule était tombé dans un ravin avant d’effectuer quelques tonneaux. 

Les avocats Jean-Sébastien Lebel (Couronne) et Luc Tourangeau (défense) ont présenté leurs plaidoiries au juge Denis Jacques, de la Cour supérieure du Québec. La sentence sera rendue vendredi à 13 h.

Le procureur Lebel réclame une sentence « juste, sévère et compatible » avec l’accroissement de la sévérité des peines imposées en pareille matière et une interdiction de conduire de cinq à dix ans à la fin de l’incarcération.

« Il faut lancer un message clair que prendre le volant en état d’ébriété doit s’arrêter. Comme l’ont dit des témoins, personne n’est gagnant dans cette histoire. Quelque soit la sentence imposée, considérant les pertes pour chacun, ce sera comme mettre un plâtre sur une jambe amputée. Rien ne va ramener Kathleen Haché-Binette », précise Me Lebel.

« Ce soir-là, l’accusé savait qu’il allait faire une activité à risque après avoir bu. Il est le seul responsable. La victime n’a rien à voir avec l’accident », poursuit Me Lebel, qui rappelle que Jean-Philippe Blanchette possède un antécédent judiciaire en semblable matière.

Le procureur base sa suggestion sur des propos de l’accusé voulant qu’il ait le droit de conduite jusqu’à .08 et qu’il ne pouvait savoir qu’il avait dépassé la limite.

« Je m’interroge sur les remords et la compréhension de l’accusé. C’était à lui de s’assurer qu’il ne dépassait pas le taux de .08. Sa responsabilité morale est la même avec une culpabilité de plus de .08 ou de facultés affaiblies », indique-t-il.

Dix-huit mois pour la défense

Pour sa part, Me Luc Tourangeau estime qu’une sentence de 18 mois de détention est raisonnable, car le tribunal doit analyser la proportionnalité de la responsabilité de l’accusé.

« Il faut tenir compte des circonstances. Il s’agissait d’une sortie de couple qu’ils avaient déjà pratiquée par le passé. Il s’agissait d’une aventure commune. Malheureusement, mon client n’a pas une machine à remonter dans le temps », d’expliquer Me Tourangeau.

Pour justifier sa suggestion, Me Tourangeau indique que son client a toujours été un actif pour la société, que son rapport présentenciel est positif, que le risque de récidive est amoindri et qu’il a respecté toutes ses conditions depuis août 2014.

« Il faut aussi individualiser les peines. »

Le criminaliste estime que l’interdiction de conduire devrait tenir compte du fait que son client ne conduit plus depuis plus de trois ans et qu’une interdiction supplémentaire de deux ans serait suffisante. 

Au terme du procès de septembre 2017, le jury avait reconnu l’accusé acquitté de conduite dangereuse causant la mort et de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort.

Me Jean-Sébastien Lebel, de la Couronne, réclame de 48 à 60 mois de détention.