Julie Dufour

Julie Dufour scandalisée

La conseillère municipale Julie Dufour s’indigne que le contrat « gargantuesque » de Me Louis Coulombe ait été renouvelé « en catimini » par le comité exécutif en novembre 2016, sans que le conseil de ville puisse prendre pleinement conscience des implications.

La conseillère indépendante fait référence à la résolution du comité du 24 novembre 2016, qui dit adopter les recommandations du Conseil du trésor, de vérification et ressources humaines faites la veille, incluant le prolongement du contrat du directeur exécutif jusqu’en 2026, et possiblement 2031. Or, rien dans la résolution du comité n’évoque ce dont il est réellement question.

« On ne voit même pas en quoi la résolution consiste. On se cache derrière le procès-verbal d’un autre comité », déplore celle qui se rappelle avoir reçu les procès-verbaux « toujours un mois en retard » dans son dernier mandat.

« La population est indignée, et je la comprends. Les citoyens ont raison, assure Mme Dufour. Des solutions (par rapport au contrat de Me Coulombe), il y en a sûrement plusieurs, mais aucune ne fera pas payer les contribuables. »

Julie Dufour souligne qu’un élu reste imputable pour les décisions qu’il a prises même lorsqu’il n’est plus élu. C’est pourquoi elle se « scandalise » du silence de l’ancien maire Jean Tremblay et de l’ex-conseiller Luc Boivin, qui siégeait aussi au comité exécutif.

« Pourquoi ont-ils pris cette décision ? Si c’était le meilleur directeur possible, si la personne valait autant d’argent et qu’ils voulaient la garder pour autant d’années, pourquoi se cacher maintenant ? »

La représentante du district 2 se sent obligée de prendre des décisions, avec ses nouveaux collègues autour de la table du conseil, qui sont dictées par la précédente administration. 

« J’espère que Luc Boivin ne dira pas qu’il n’a pas lu parce qu’il faisait confiance à Jean Tremblay », lance Julie Dufour, qui appréhende d’autres révélations. Celle-ci réaffirme tout son appui envers la mairesse Josée Néron, qu’elle considère comme une démocrate.

Michel Nadeau

Une durée anormale

La durée jusqu’en 2026, voire 2031, du contrat du directeur exécutif de Saguenay, Me Louis Coulombe, paraît « anormale » aux yeux du directeur général de l’Institut sur la gouvernance des organisations publiques et privées (IGOPP), Michel Nadeau.

« La notion de contrat implique que ce soit pour une certaine période. On parle habituellement de trois ou cinq ans. Dix ans, c’est vraiment beaucoup », analyse M. Nadeau.

Fait à noter, le spécialiste a d’abord cru que l’avocat occupait le poste de directeur général de la Ville, puisque directeur exécutif est un anglicisme pour cette expression. Le poste de Me Coulombe a été créé en 2011. Cela amène Michel Nadeau à se questionner sur l’importance des fonctions du directeur exécutif, en plus du contexte dans lequel le prolongement du contrat a été signé.

« Normalement, un fonctionnaire important comme ça doit avoir certaines affinités avec le maire en place. Quand on renouvelle pour une longue durée, ça suppose que l’élu veut rester. Sinon, ça revient à l’imposer aux successeurs », explique le directeur de l’IGOPP. Autrement dit, il faut une certaine complicité entre les deux, et des visions qui concordent.

Par ailleurs, Michel Nadeau convient que les conditions de travail de Me Louis Coulombe sont très bonnes, que ce soit par rapport à son salaire ou à ses six semaines de vacances. La prime de départ équivalente à un mois de salaire pour chaque année de travail, jusqu’à un maximum de 12 mois, lui semble raisonnable. Celle-ci est prévue à l’article 4. Toutefois, il n’était pas en mesure de commenter l’indemnité décrite à l’article 7 (voir texte principal).

Josée Néron

Le poste en cours de révision

La mairesse de Saguenay Josée Néron a fait savoir par son cabinet mercredi qu’elle commentera seulement «en temps et lieu» le contrat de Me Louis Coulombe, mais que le poste de ce dernier était en cours de révision.

«À l’heure actuelle, on révise ce poste et on analyse ses fonctions», indique l’attachée de presse Cindy Girard, du cabinet de la mairesse, en entrevue téléphonique.

Le poste de directeur exécutif occupé par Me Coulombe a été créé en 2011. Questionnée à savoir s’il pourrait être aboli ou que les tâches soient redistribuées parmi les fonctionnaires, Mme Girard a réitéré que l’administration municipale était pour l’instant «en mode analyse».

«Nous n’avons pas encore statué, on va commenter après», précise-t-elle.