Meubles Saguenay, qui opère Brick à Saguenay, devra payer 1,2 M$ en loyers impayés.

Jugement en faveur des frères Harvey

Tennis CRTC, propriété des hommes d'affaires Guy et Jeannot Harvey, ressort largement vainqueur d'un litige qui l'opposait à Meubles Saguenay, qui exploite la franchise Brick à Saguenay. Au résultat de plusieurs décisions contenues dans un jugement rendu hier en Cour supérieure, les derniers ont été condamnés à payer un peu plus de 1,2 M $ aux premiers.
Le jugement de Marc Paradis force même le magasin Brick du boulevard Talbot à avoir quitté les lieux pour vendredi prochain, en résiliant le bail immédiatement. La franchise du détaillant est exploitée par Meubles Saguenay, propriété des Ontariens Marc et Jacinthe Lacroix. La semaine dernière, le marchand de meubles a annoncé qu'il déménageait dans l'ancien Zellers des Galeries Jonquière. Une vente de liquidation est déjà en cours.
« Ils nous ont pris pour des régionaux, mais on leur a montré qu'on n'est pas des endormis », a déclaré Jeannot Harvey, également président et fondateur du Groupe Ceger, lorsque joint au téléphone.
Grosso modo, le litige portait sur des loyers impayés. Meubles Saguenay, du couple Lacroix, avait signé un bail de location en juillet 2009 pour occuper les anciens locaux du Royaume du Quilleur sur le boulevard Talbot. Des discussions avaient alors eu lieu entre les parties pour éventuellement agrandir la bâtisse afin de lui donner une meilleure visibilité sur le boulevard Talbot, mais en aucun endroit il n'en est fait mention dans le bail signé, reconnaît le juge Paradis. Dès octobre 2011, Marc Lacroix estime que le loyer de 9,90 $ du pied carré est trop élevé et qu'il ne devrait payer que 4 $. Les Lacroix poursuivaient même les Harvey pour 2,6 M $ pour loyer payé en trop. Cette dernière requête a été rejetée du revers de la main par le juge Pa radis. Il condamne plutôt dans son jugement d'hier Meubles Saguenay à verser 1 009 661 $ en loyers impayés en plus de 209 635 $ en intérêts. Le juge Paradis a ajouté à cette somme les quatre mois de loyer depuis octobre au montant de 33 606 $ par mois.
Justice rendue
« Le juge a compris que le locataire ne payait pas son loyer. Il lui a dit que ses arguments ne tenaient pas la route. On a été très patients avec lui. Il a abusé de la bonté des propriétaires. Justice a été rendue », a clamé fièrement M. Harvey.
Toutefois, Tennis CRTC n'a pas obtenu gain de cause sur tous les points. Les frères Harvey demandaient d'être remboursés pour des travaux effectués, notamment à la mezzanine, en 2009 et réclamaient près de 350 000 $. Cette requête a été refusée.
De plus, les Lacroix ont eu droit à quelques dédommagements. Ils ont notamment obtenu la somme de 59 900 $ parce que l'ouverture du commerce avait dû être retardée à novembre 2009, les privant ainsi de bonnes semaines de vente à l'approche de Noël. Le juge leur a également accordé 75 000 $ en raison d'épisodes répétés d'infiltration d'eau dans la bâtisse du 224 rue des Laurentides. Les Lacroix ont pu aussi réclamer des honoraires d'experts.
Dans sa décision, le juge Paradis soustrait les montants accordés aux Lacroix à ce qu'ils doivent à Tennis CRTC, ce qui arrive au montant exact dû de 1 202 858,96 $.
La succursale chicoutimienne de la Voie Maltée déménagera dans les locaux maintenant vacants en 2015.