L’activité «Une journée, trois peuples» s’est tenue au CFP du Fjord, lundi, à La Baie. Différents ateliers étaient offerts, dont la visite d’un campement traditionnel.

Journée symbolique et historique à La Baie

Une rencontre symbolique, mais représentative du chemin parcouru depuis quelques années, a eu lieu lundi avant-midi, au pavillon de La Baie du CFP du Fjord. L’activité « Une journée, trois peuples » avait pour but de souligner le succès et l’expansion du programme Protection et Exploitation des territoires fauniques (PETF) dans la communauté innue de Uashat Mak Mani-Utenam, une réserve amérindienne située près de Sept-Îles.

Après trois ans de démarchage, le cours PETF - Volet Premières Nations a vu le jour l’automne dernier sur la Côte-Nord. La formation professionnelle de 1320 heures a été adaptée pour le peuple autochtone, mais les mêmes cours y sont dispensés. Le programme devrait diplômer 15 finissants et finissantes au cours des prochaines semaines. Divers métiers reliés à la forêt les attendent à la sortie des bancs d’école.

C’est le département international de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) qui a entrepris les démarches. Son coordonnateur, Sébastien Renaud, et l’agent de développement international des Premières Nations, Dominic Simard, ont d’abord entrepris de courtes expériences en territoire autochtone il y a trois ans.

Quelques années plus tôt, des opérations séduction ont fait en sorte que des étudiants français ont traversé l’Atlantique pour s’inscrire au programme PETF à La Baie. Au cours des cinq dernières années, il a accueilli 50 Français, ce qui représente près de 35 pour cent de la clientèle.

« C’est un nombre très important pour nous et on voit qu’on prend un tournant avec l’arrivée de ces jeunes étudiants, a souligné Sébastien Renaud. Ils amènent une énergie différente et intéressante pour le programme. C’est un bonus parce que tous ces gens arrivent à faire bonifier le programme, par leur culture et par leurs histoires de vie personnelle. On apprend beaucoup avec eux. »

Sébastien Renaud est le coordonnateur du département international de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

Des passionnés
La rencontre entre Français, Innus et Québécois réjouissait les principaux artisans de cette union.

« C’est une photographie de la réalisation de passionnés, a illustré Dominic Simard, rencontré lundi. À partir du moment où tu mets des passionnés ensemble, ça crée des projets merveilleux. Ç’a commencé ici à La Baie, qui a su offrir un programme très près du marché de l’emploi. On a développé une expertise pour mieux préparer, accueillir et intégrer les Français. On a vu la même chose au niveau des Innus, afin de mieux comprendre et de mieux répondre à leurs besoins. On a travaillé en collaboration avec eux, ce qui nous a permis de créer le programme PETF - Volet Premières Nations, chez eux, sur leur territoire. »

L’activité Une journée, trois peuples, s’est tenue au CFP du Fjord, hier, à La Baie. Différents ateliers étaient offerts, dont la visite d’un campement traditionnel.

Réussite exceptionnelle
Alors que les étudiants de la première cohorte de Uashat Mak Mani-Utenam sont sur le point d’intégrer le marché du travail, Dominic Simard parle d’une « réussite exceptionnelle », vantant du même coup l’apport des collaborateurs.

« La clé du succès est d’avoir de belles relations humaines avec les enseignants, les élèves, la direction et les différents organismes impliqués, a fait valoir l’agent de développement. À chaque logo, il y a toujours un humain qui devient notre ami et qui croit en nos visions. Ça devient ensuite ses visions. »

Plusieurs invités étaient présents lundi, dont la Société du Plan nord, des partenaires français, les Offices jeunesse internationaux du Québec, la Sépaq et le député de Dubuc pour le Parti libéral du Québec, Serge Simard, notamment.

L’enseignant Marc-André Racine en compagnie de ses élèves Yannick et Meggie Fontaine.

+ Une expérience humaine enrichissante

Enseignant au CFP du Fjord depuis une dizaine d’années, Marc-André Racine fait partie de l’un des trois éducateurs du programme PETF — Volet Premières Nations à Uashat Mak Mani-Utenam. Le Baieriverain est pour le moins enchanté de l’expérience vécue.

Le programme exclusif au peuple autochtone et adapté à celui-ci, qui sera officiellement de retour l’automne prochain, a permis à M. Racine de faire connaissance avec une communauté attachante.

« Disons qu’au niveau des valeurs, on aurait beaucoup à apprendre d’eux et je dirais même que ça ferait un grand bien à notre société, a partagé Marc-André Racine. Ce sont des gens qui ont un grand cœur, ils ont une grande notion du respect et ils sont aussi très rieurs. On a toujours un plaisir fou à travailler ensemble. »

Étudiants de la première cohorte, Yannick et Meggie Fontaine apprécient grandement leur expérience. Les deux cousins ont tous les deux fait part de leur satisfaction d’en connaître davantage sur la forêt. Des connaissances qu’ils pourront partager avec leurs proches dans le futur.

Les 15 finalistes vivront d’ailleurs une expérience internation au sein de la nation Haida Gwaii, du 9 au 22 juin. Ils se rendront en Colombie-Britannique dans le cadre d’un stage de fin d’études sur ce qui était autrefois connu comme étant les îles de la Reine-Charlotte.