La Journée québécoise de la santé et du bien-être des hommes est soulignée le 19 novembre.
La Journée québécoise de la santé et du bien-être des hommes est soulignée le 19 novembre.

Journée québécoise de la santé et du bien-être des hommes: beaucoup de chemin parcouru

Katherine Boulianne
Katherine Boulianne
Le Quotidien
Les temps changent! Cette phrase couramment utilisée s’applique à merveille lorsqu’est soulevé le sujet de la place que prennent les hommes dans la société actuelle. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’expression est utilisée comme thème de la Journée québécoise de la santé et du bien-être des hommes, qui est soulignée le 19 novembre.

Sébastien Ouellet est le directeur général du Centre de ressources pour hommes Optimum du Saguenay-Lac-Saint-Jean, un organisme de services d’aide adaptés aux besoins des hommes. Depuis les trente dernières années, il remarque que beaucoup de chemin a été parcouru. Et même s’il admet que les comportements problématiques doivent continuer d’être dénoncés, il préfère profiter de l’occasion pour mettre l’accent sur les points positifs.

« Les hommes participent de plus en plus aux tâches domestiques, une augmentation de 40 %. La valeur de paternité chez l’homme est aussi devenue celle qui était la plus importante pour lui, alors qu’avant c’était le travail. D’ailleurs, le nombre de gardes exclusives qui leur sont accordées lors d’une séparation est trois fois plus élevé qu’avant. Les réalités masculines évoluent. »

L’une des plus grandes victoires en ce qui touche les services d’aide pour hommes, c’est de les avoir amenés à se diriger vers les ressources nécessaires lorsqu’ils ont besoin d’aide pour régler leurs problèmes. D’ailleurs, ils le font de plus en plus jeune.

« Pour notre organisme, en 1995, on parlait d’une clientèle d’hommes dans la cinquantaine. Maintenant, on a beaucoup plus de 20, 25, 30, 35 ans qui demandent de l’aide, souvent avec l’arrivée du premier enfant », précise M. Ouellet.

Reste que certains mythes ont la vie dure. Et ceux-ci sont généralement plus présents dans certains milieux où la masculinité traditionnelle domine toujours.

« Combien d’hommes arrivent au bout du rouleau parce que pour eux, un homme ça doit être fort, ça ne doit pas se plaindre et ça doit travailler ? Ça peut être présent dans des milieux ruraux où le travail manuel est plus important. Ou encore dans des environnements professionnels où la compétition est forte et où le regard des autres est très présent, par exemple des médecins et des avocats. Demander de l’aide peut être perçu comme un gros constat d’échec pour eux », soulève le directeur général.

Avec trois établissements regroupés à Alma, Dolbeau-Mistassini et Roberval, le Centre de ressources pour hommes Optimum du Saguenay-Lac-Saint-Jean offre des services visant à les soutenir dans des périodes difficiles, dont une maison d’hébergement pour les hommes en détresse, un programme de gestion des comportements violents et un accompagnement auprès de victimes masculines d’abus sexuel.