La conseillère de l'ERD, Josée Néron, croit que le maire a tenté de lui refiler une patate chaude en la nommant présidente du comité municipal sur la fluoration de l'eau. Elle a officiellement refusé le poste pour éviter d'être placée en situation de conflit d'intérêts.

Josée Néron refuse la présidence

La conseillère municipale Josée Néron refuse de présider le nouveau comité d'analyse sur la fluoration de l'eau à Saguenay. La représentante de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) a appris sa nomination, faite par le maire Jean Tremblay, alors qu'elle se trouvait en vacances au Mexique.
Le porte-étendard du quartier #14 a acheminé une lettre au premier magistrat mardi pour lui signifier son refus de présider les travaux, sous prétexte que ce rôle la placerait dans une situation de conflit d'intérêts.
Après une levée de boucliers dans la région et ailleurs au Québec, l'épineux dossier de la fluoration revient dans l'actualité. Directeur adjoint du cabinet du maire de Saguenay, Richard Banford a précisé que des demandes ont été acheminées au comité exécutif pour que la ville se penche sur ce dossier. L'Association des chirurgiens dentistes du Québec (ACDQ) et l'Association des dentistes du Québec (ACQ) sont d'avis que cette mesure aurait un impact positif sur la santé publique. Trois-Rivières a opté pour la fluoration l'an dernier, non sans débats.
Pas question
Depuis son accession au conseil en novembre dernier, la conseillère Néron continue de signifier son désir de s'impliquer au sein de divers comités de la ville. Elle a été nommée à la commission sport et plein air, présidée par Bernard Noël, mais elle précise qu'elle aimerait s'impliquer davantage. Le 3 mars, une résolution du conseil est venue confirmer sa nomination à la tête du nouveau comité d'analyse sur la fluoration. Josée Néron devait être épaulée par sa collègue responsable du secteur Shipshaw, Julie Dufour. Or, le mari de Josée Néron est dentiste. Il est propriétaire de la clinique dentaire Desautels, au sein de laquelle l'élue municipale agit comme contrôleur financier depuis plusieurs années. La principale intéressée croit que le maire a voulu lui refiler une patate chaude.
«J'offre mon aide à chaque conseil et on ne me place sur aucun comité. Je vais présumer qu'il (le maire) l'a fait de bonne foi, mais j'espère qu'il ne pensait pas que j'allais tomber dans le panneau», a-t-elle déclaré, à la faveur d'un entretien accordé au Quotidien.
Pas avisée
La conseillère affirme que personne à l'hôtel de ville ne l'a avisée de sa nomination au préalable. Elle a appris la nouvelle après avoir pris contact avec son parti depuis le Mexique le jour de l'assemblée. Josée Néron déplore cette façon de faire.
Si elle confie s'être brièvement réjouie de sa nomination, Josée Néron indique qu'elle n'a pas tardé à prendre conscience de tous les tenants et aboutissants d'un tel poste.
«Je ne cherche pas la chicane. J'essaie de faire des débats d'idées, pas des combats de boxe. Monsieur le maire sait très bien qui est mon mari et où je travaille. Je ne me suis jamais cachée pour le dire. Pensez-y. En acceptant de siéger à ce comité, que je sois pour ou contre la fluoration, on aurait pu penser que ma réponse était partisane», met-elle en contexte. Elle précise qu'une prise de position en faveur de la fluoration aurait pu être interprétée comme un appui aux associations de dentistes. En revanche, une opinion défavorable risquait de lui faire porter le chapeau de la défenderesse des intérêts pécuniaires de son conjoint. De surcroît, Josée Néron estime qu'elle aurait été dans l'obligation de se retirer le moment venu de voter sur toute recommandation du comité.
«Lorsque nous avons eu notre formation sur l'éthique à l'Union des municipalités du Québec, on nous a dit que comme élu, il nous fallait éviter de nous placer dans une situation de conflit d'intérêts. C'est pourquoi j'ai officiellement décliné l'offre», poursuit la conseillère désignée de l'ERD.
Selon Richard Banford, le maire a nommé Josée Néron parce qu'il croyait qu'elle serait intéressée par le sujet de la fluoration de l'eau potable.