Josée Néron refuse de parler de coup fourré

La mairesse Josée Néron refuse de parler de coup fourré politique et de vote de non-confiance pour expliquer le rejet du budget municipal 2020, une première depuis la création de Saguenay, mais elle constate que les jeux de coulisses et les manœuvres des indépendants s’apparentent à la constitution d’un nouveau parti municipal.

En point de presse, Mme Néron a avoué avoir été surprise par le rejet du budget, d’autant plus que le 20 novembre dernier, tous les conseillers se sont réunis à Jonquière afin de discuter du projet de budget déposé mercredi. Une autre rencontre de deux heures a été prévue mercredi matin afin de s’assurer que tous étaient d’accord, a expliqué Mme Néron.

Lorsque la rencontre du 20 novembre a pris fin, le conseiller Carl Dufour a demandé aux conseillers présents de lever la main pour signifier leur accord au projet de budget. Tous ont levé la main, à l’exception du conseiller Kevin Armstrong, qui s’est abstenu. « Qu’est-ce qui s’est passé comme jeux de coulisses entre-temps ? Est-ce qu’ils se constituent un nouveau parti politique ? Je n’ai pas de problème avec ça puisque nous en avons un. J’aimerais le savoir et qu’ils prennent un nom et s’enregistrent auprès du Directeur général des élections ! On s’entend que ce matin (mercredi), c’est un caucus qui a été tenu », déclare-t-elle.

Mme Néron s’interroge sur l’utilité des rencontres qu’elle tient avec les conseillers dans la préparation du budget compte tenu des événements qui se sont déroulés mercredi. Elle affirme faire confiance aux élus, leur procurer la documentation demandée et faire preuve de transparence.

Dans le cadre de la préparation du budget, Mme Néron indique que les indépendants ont refusé les propositions de coupes, et chaque fois qu’une proposition était déposée, chacun argumentait qu’il ne fallait pas que ce soit dans son district. Elle a précisé que le conseiller Kevin Armstrong a participé aux travaux de préparation du budget, étant membre de la Commission des finances et même d’un comité portant sur la dette.

Contrairement à la présidente de l’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour, qui affirmait que le conseil traverse une crise, Mme Néron soutient qu’il s’agit d’une étape de plus pour discuter du budget et procéder à son adoption avant le 31 décembre.

TEXTE-courant: À défaut, la Ville devra fonctionner en utilisant sa marge de crédit et avec un douzième du budget annuel. « On ne croit pas qu’on devra en arriver là. Je n’ai aucun problème d’aller me rasseoir pour passer point par point les items du budget. Ce sont des jeux de coulisses », a-t-elle ajouté.

Séance mouvementée

La séance d’adoption du budget a été mouvementée. Le conseiller Armstrong a ouvert la période de questions en interrogeant la mairesse sur la façon dont a été structurée la hausse de 2,3 % de la taxe foncière, tout en sachant qu’elle a été imbriquée dans la coupe de 5,2 M $ exigée du conseiller Michel Potvin, qui agit comme président de la Commission des finances. « La coupe de 5,2 M $ était un élément important pour atteindre la cible. Pourquoi vous n’avez pas atteint la cible ? Pourquoi cet échec ? », a interrogé M. Armstrong, qui a ajouté qu’il était du devoir de la mairesse d’exercer la gestion exécutive entérinée par le conseil.

M. Armstrong a sorti de sa manche un document de 54 pages abordant 15 axes en 75 points, et qui serait destiné à redresser la situation financière de la Ville, un document que le conseiller affirme avoir terminé mercredi à 6 h du matin et dont la mairesse affirme n’avoir jamais entendu parler. La mairesse a demandé au conseiller pourquoi il n’avait jamais abordé l’existence des solutions contenues dans le cadre des nombreuses séances de préparation du budget.

Le débat s’est surtout déroulé entre les partisans d’une hausse plus élevée du compte de taxes et ceux qui défendent des coupes plus importantes au sein de l’appareil municipal. La conseillère Julie Dufour a déclaré que le 2,3 % de hausse a été choisi pour faire plaisir aux contribuables, tout en estimant que la Ville est prise à la gorge par le gouvernement du Québec, qui exige sans cesse des investissements dans les infrastructures.

Le conseiller Michel Potvin est intervenu pour déclarer qu’il s’oppose à une hausse de taxes au-delà de l’inflation, en affirmant qu’il s’agit d’une solution facile plutôt de travailler à augmenter l’efficience de l’appareil municipal.


AUCUN RÉSULTAT IMMÉDIAT 

Le travail en comité plénier réalisé après la séance du conseil de mercredi après-midi n’aura pas donné de résultats immédiats, ce qui a incité le président de la Commission des finances, Michel Potvin, à qualifier la journée de « désagréable ».

Le travail des élus a pris fin vers 18 h sans donner de résultats concrets, selon M. Potvin. Beaucoup de sujets ont été discutés et des pistes de solution ont été abordées dans la confidentialité, a-t-il rapporté, sans élaborer davantage. 

M. Potvin est d’accord avec le fait que de la frustration a été accumulée du fait que la cible de coupes de 5,2 M$ n’a pas été atteinte. « Peut-être qu’on n’a pas été assez méchants ou qu’on a su trop tard qu’il était impossible de couper certaines choses. »

Selon lui, l’appareil administratif en mène large à Saguenay et il est impossible pour le moment de connaître la résultante de l’exercice du rejet du budget 2020.

M. Potvin continue d’affirmer que le document rejetté mercredi était excellent et répondait aux attentes des contribuables avec une hausse du compte de taxes de 1,9 %.

La hausse de la dette de 40 M$ prévue s’explique par la nécessité pour la Ville d’investir dans la restauration de ses systèmes d’aqueduc et d’égout, les revêtements de rue et les équipements motorisés, justifie M. Potvin