La mairesse de Saguenay, Josée Néron, ne veut pas d’un climat de confrontation avec Rio Tinto au sujet de la taxation de ses installations hydroélectriques.

Josée Néron n'est pas une va-t-en-guerre

La mairesse Josée Néron n’a pas l’intention de jouer les « va-t-en-guerre » contre Rio Tinto sur l’enjeu de la taxation de ses installations hydroélectriques, laquelle prive Saguenay de plusieurs millions de dollars de revenus, lorsqu’on compare les sommes versées par le géant de l’aluminium avec celles d’autres producteurs indépendants d’électricité sur le territoire, dont Produits forestiers Résolu (PFR) et Elkem.

La mairesse a rencontré la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, pendant quatre heures, mercredi matin, afin d’aborder un certain nombre de dossiers. Celui de la fiscalité des barrages a été ramené sur la table. En fin de journée, Josée Néron, en entrevue avec Le Quotidien, a affirmé qu’elle estime qu’il sera possible de trouver des solutions dans la renégociation du pacte fiscal entre Québec et les municipalités, au cours de la prochaine année.

La mairesse de Saguenay assure qu’il n’est pas question d’avoir peur de Rio Tinto, qui pourrait contester son évaluation d’ici 90 jours. Elle entend plutôt travailler positivement pour trouver une solution à cette iniquité. Elle compte sur la présence de la ministre Laforest, aussi députée de Chicoutimi et ministre de la région, pour que les doléances de Saguenay soient entendues.

Josée Néron estime qu’il est possible pour Saguenay, ainsi que pour les autres villes de la région qui voudront se joindre à Saguenay, d’obtenir des compensations pour les infrastructures hydroélectriques, même si le premier ministre du Québec, François Legault, et Mme Laforest, de la Coalition avenir Québec (CAQ), ont fermé la porte à toute modification à la Loi sur la fiscalité municipale.

« En Colombie-Britannique, le gouvernement a trouvé des façons de compenser les villes qui avaient sur leur territoire des infrastructures hydroélectriques », précise la mairesse.

Cette dernière croit que l’étude réalisée par le professeur Marc-Urbain Proulx, de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), constitue un outil dont il faut se servir.

La mairesse admet que les règles régissant les versements de Rio Tinto pour l’exploitation d’une centrale à Shisphaw ont été édictées à l’époque où l’entreprise comptait 9000 travailleurs dans la région. Aujourd’hui, le nombre d’employés a diminué de 50 % et devrait diminuer encore, notamment sur le territoire de Saguenay, avec la fin des précuites et la nouvelle technologie AP60.

Toutefois, elle ne juge pas nécessaire, pour le moment, d’aller de l’avant avec une pétition, comme en a fait état, pendant la période des Fêtes, le conseiller municipal Jean-Marc Crevier.

M. Crevier considère que Rio Tinto bénéficie d’un traitement de faveur par rapport aux autres producteurs d’électricité sur le territoire de Saguenay. Quant à elle, la mairesse croit qu’il faudrait au moins identifier les bonnes raisons pour lesquelles on lance une pétition et préfère attendre les négociations sur le pacte fiscal avant d’entreprendre une action plus musclée ou de mettre de la pression sur le gouvernement caquiste, afin que soient revues les dispositions d’une loi – la Loi sur la fiscalité municipale – adoptée il y a 50 ans.

Josée Néron croit que Saguenay n’a possiblement pas pris la place qui lui revenait lors des dernières négociations sur le pacte fiscal.

À l’occasion de sa prochaine renégociation, la mairesse entend bien faire part des problématiques particulières qui existent à Saguenay et espère obtenir des réponses favorables au terme de l’exercice.