La mairesse de Saguenay, Josée Néron, assure que les élus font tout le travail nécessaire pour être «au rendez-vous» une fois la crise passée.
La mairesse de Saguenay, Josée Néron, assure que les élus font tout le travail nécessaire pour être «au rendez-vous» une fois la crise passée.

Josée Néron: gérer une ville en temps de crise

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
« Ce n’est pas parce qu’il y a une pandémie que la Ville arrête. Les défis sont autres, mais ils sont tout aussi importants. »

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a pris plusieurs minutes pour s’entretenir avec Le Progrès, cette semaine, pour parler de son travail et de celui de la Ville en temps de pandémie. Elle a vécu les premiers jours de la crise à distance alors qu’elle était en vacances au Mexique. Entre le 6 et le 12 mars, la situation a évolué très rapidement et c’est pourquoi elle a devancé son retour d’une semaine après avoir trouvé un billet d’avion pour le 14 mars.

« Jamais je n’aurais pensé ça en quittant le Québec. Quand je suis arrivée, j’ai compris que la situation déboulait rapidement. Et c’est pour ça que je voulais revenir le plus vite possible. Je me suis mise en quarantaine et j’ai travaillé de la maison », explique-t-elle.

La base de tout, selon Mme Néron, est d’établir une bonne communication et de comprendre le rôle de chacun.

« Il faut être à l’écoute des problèmes, les comprendre et trouver rapidement des réponses », dit-elle. Comme « Saguenay est la septième ville en importance au Québec », le travail n’arrête jamais. Les vidéoconférences sont nombreuses, malgré « ses limites », mais les élus s’ajustent aux demandes du gouvernement du Québec. Le conseil municipal se réunit virtuellement en plénière toutes les semaines et les conseillers peuvent en profiter pour faire le compte-rendu de ce qui se passe dans leur district.

Selon la mairesse, le confinement amène un changement des habitudes. Le ménage du printemps a commencé plus tôt, les citoyens ont entrepris des travaux, alors c’est pourquoi la Ville a décidé de rouvrir les écocentres – dès le 27 avril – en mettant en place des mesures de distanciation sociale.

« La population s’attend à ce que les choses continuent », mentionne la mairesse, ajoutant que la Ville se penche également sur le nettoyage des rues pour accommoder les cyclistes et les marcheurs qui sont plus nombreux en ce temps de crise. Les travaux devraient également débuter le 27 avril. « Il faut attendre la bonne température », dit Mme Néron, bien consciente des besoins des citoyens.

Entreprises et activités

La Ville, via son organisme Promotion Saguenay, s’est aussi attardée à la situation – parfois critique – pour les gens d’affaires. Comme pour les citoyens, le second paiement du compte de taxes foncières pour les entreprises a été repoussé, entre autres mesures.

« On s’est assis rapidement, explique Mme Néron. Avec Promotion Saguenay, on veut pouvoir donner de l’air aux entreprises touchées. Pendant une gestion de crise, il faut s’assurer d’être au rendez-vous. »

Les élus de Saguenay doivent également se pencher sur la reprise graduelle des activités. L’annulation, vendredi passé, de tous les grands événements prévus d’ici le 31 août, leur a permis de savoir vers où aller pour les prochaines semaines.

« Oui, ça nous permet de savoir qu’ils ne se tiendront pas, mais ça nous permet de travailler pour qu’ils reviennent en force. On doit assurer cette relance. »

Plan triennal et infrastructures

La Ville espère pouvoir mettre en branle des travaux prévus dans le plan triennal d’immobilisation (PTI) rapidement. « La fenêtre est étroite, l’été, pour les travaux d’asphaltage, d’égouts, mais on veut être au rendez-vous », assure Mme Néron, qui souhaite également avoir un message clair du gouvernement.

« On espère, avec l’Union des municipalités du Québec (Josée Néron est trésorière), que le gouvernement va mettre l’accélérateur pour le PQI (Plan québécois des infrastructures) pour les infrastructures routières, les édifices, etc. Oui, il va y avoir des gens qui vont continuer d’investir, de bâtir, mais dans certains domaines, on va avoir besoin du gouvernement. »

Budget

Après avoir été refusé le 18 décembre puis finalement adopté douze jours plus tard, voilà que le budget 2020 de Saguenay est présentement révisé par la Commission des finances. Josée Néron explique de la crise de la COVID-19 aura fait balancer certains postes du budget et entraîné des variations dans le PTI.

« Le gouvernement a beaucoup de programmes. Est-ce qu’il y aura des ouvertures, des allégements ? Nous allons profiter des opportunités », dit-elle.

Même chose pour les organismes qui ont dû passer au travers une grille d’analyse pour obtenir ou non du financement et voilà « qu’il faut se remettre dans chacun des dossiers. C’est un travail qu’on fait pour passer la crise et assurer la relance ».

Et le projet de centre multifonctionnel ?

« On n’est pas rendus là », a simplement dit la mairesse.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, assure que les élus font tout le travail nécessaire pour être «au rendez-vous» une fois la crise passée.

Employés disponibles

Josée Néron assure que la Ville a mis à la disposition du CIUSSS, « sur une base volontaire », les employés municipaux qui ne sont pas au travail en raison de l’arrêt de certains services. Selon elle, entre 90 % et 95 % des employés ont accepté de remplir des formulaires pour aider, par exemple pour surveiller l’entrée et la sortie de certains édifices.

« C’est selon les besoins du CIUSSS », précise celle qui se remet bien de son malaise subit la semaine dernière, et ce, malgré quelques petits « bobos » causés par la chute.

LA VIE DE DEMAIN

De quoi est faite la vie de demain, selon la mairesse de Saguenay, Josée Néron ? « Il y a sûrement des façons de faire qui vont changer et j’espère que ce sera positif », dit-elle.

D’abord, plusieurs initiatives ont vu le jour, au cours des dernières semaines, pour favoriser l’achat local. Commandes téléphoniques, en ligne, par Facebook... Tous ont essayé de s’en sortir le mieux possible malgré la crise.

« J’espère que la conscience pour l’achat local va s’ancrer dans la vie des gens », mentionne Mme Néron. 

Autre point, le télétravail. « C’est bien, mais il y a des limites, pense-t-elle. Les gens ont appris qu’on peut travailler autrement, et qu’avec les vidéoconférences, on n’a pas toujours besoin de se déplacer, mais je crois aussi que la société a besoin de se rencontrer. »

Josée Néron croit également que la population adhérera maintenant au concept d’hygiène social, car « les mesures d’hygiène peuvent sauver des vies. Ce n’est pas une question d’âge, mais c’est une question de santé ».