Josée Néron, après sa victoire

Josée Néron écrit l'histoire

Josée Néron est devenue dimanche la première mairesse de Saguenay, recueillant, avec un taux de participation de 56,13 %, autour de 50 % des votes exprimés. Mais elle retrouvera peu de membres de son Équipe du renouveau démocratique à la table du conseil. Au moment de mettre sous presse, tard dimanche soir, Marc Bouchard (11) Michel Potvin (12) et Brigitte Bergeron (10) étaient les seuls porte-couleurs de sa formation avec une avance confortable. Pour se consoler, elle pourra se dire que le Parti des citoyens de Saguenay, fondé par Jean Tremblay, a été pratiquement rayé de la carte, Michel Tremblay, dans le 9, étant le seul rescapé.

Josée Néron est apparue sous les notes de Paradise de Coldplay dans la salle de l’Hôtel Chicoutimi où l’attendaient ses partisans, quelques minutes après avoir été déclarée gagnante à 22 h 20. La foule, qui a vu son avance se creuser tout au long de la soirée devant son principal adversaire Jean-Pierre Blackburn, a explosé de joie en entendant la nouvelle tant attendue.

Si l’issue de la course à la mairie n’a jamais fait de doute chez les partisans de l’ERD, les nouvelles étaient moins roses pour l’équipe des conseillers. Mais la première manifestation de joie est survenue lorsque l’animatrice de la soirée, la candidate du district 5 Martine Tremblay, a annoncé, à 21 h 50, que si la tendance se maintenait, aucun membres du PCS ne serait élu.

Josée Néron est entrée dans la salle de l’Hôtel Chicoutimi pour célébrer sa victoire en compagnie des membres de sa famille.

Transparence

Accueillie par le député de Jonquière Sylvain Gaudreault, Josée Néron est montée sur la tribune en compagnie des membres de sa famille et de ses plus proches collaborateurs. Après les remerciements d’usage, elle a décrété que l’ère de la transparence, de l’intégrité, du respect, de l’écoute, de l’imputabilité et de la fierté commençait à l’hôtel de ville de Saguenay.

Ses tout premiers mots ont été pour sa collègue Christine Boivin, qui était montée avec elle à l’assaut de l’hôtel de ville en novembre 2013. « Ce n’était pas toujours facile et quand je prenais la parole, c’était important de voir les yeux de quelqu’un qui m’appuyait. »

Utilisant tout au long de son discours le terme « régime », sans nommer le maire Tremblay, Josée Néron a aussi remercié l’ensemble des fonctionnaires « qui m’ont aidée pendant quatre ans à faire fonctionner mon district malgré le régime en place et à apprendre les rouages de la ville ».

D’ailleurs, lors de la mêlée de presse qui a suivi, Josée Néron n’a manifesté aucune crainte à l’idée de prendre les rênes d’une ville dominée pendant 15 ans par le maire Tremblay. Elle dit pouvoir compter sur les fonctionnaires et elle tend la main à tous les élus.

« J’ai dit que j’étais prête à travailler avec les gens que les citoyens auraient choisis et je vais le faire. Je vais être une mairesse rassembleuse. »

Cela dit, Mme Néron ne croit pas que l’expression du vote en majorité pour des conseillers indépendants signifie la mort des partis politiques. L’appui de l’ERD lui fut essentiel pour traverser les quatre années du « régime », et pour l’avenir, elle rappelle que le ministre des Affaires municipales lui-même souhaite que toutes les villes aient leurs partis politiques pour plus de transparence. 

La parole aux citoyens

Pour les quatre prochaines années, les citoyens auront 30 minutes pour s’exprimer avant et après les séances du conseil.

« Ce sera un leadership positif pour l’ensemble des citoyens, car ils seront écoutés. Fini les budgets soumis aux conseillers une demi-heure avant le vote. On va travailler ensemble pour prendre des décisions éclairées et investir dans nos infrastructures. Il n’y aura plus de nominations en catimini à quelques jours des élections », a-t-elle ajouté, faisant référence à la série de nominations à Promotion Saguenay vendredi après-midi. Là-dessus, elle compte vérifier rapidement quelles solutions s’offrent à elle.

La chef de l’ERD, Josée Néron, a voté en matinée au pavillon Alphonse-Desjardins de l'UQAC.