Josée Néron estime que la fermeture des frontières jeannoises avec celles de Saguenay n’est pas une bonne idée pour le moment.
Josée Néron estime que la fermeture des frontières jeannoises avec celles de Saguenay n’est pas une bonne idée pour le moment.

Josée Néron dit non à la fermeture des frontières avec le Lac-Saint-Jean

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
La mairesse de Saguenay, Josée Néron, s’oppose à une fermeture des frontières jeannoises, comme le propose son homologue de Dolbeau-Mistassini Pascal Cloutier. Aménager de nouveaux barrages routiers entre le Saguenay et le Lac-Saint-Jean nécessiterait des ressources humaines et des coûts supplémentaires, alors que le nombre de cas de COVID-19 dans les deux sous-régions ne le justifie pas, estime-t-elle.

« Je ne crois pas que c’est justifié pour le moment. Les cas de COVID-19 sont concentrés dans les résidences pour personnes âgées et non dans l’ensemble de la population. On ne veut pas rendre la vie plus compliquée à ceux qui travaillent au Lac et qui vivent au Saguenay et vice versa. Il faudrait aussi mobiliser des ressources, alors qu’on sait qu’il y a des besoins ailleurs », estime la mairesse de Saguenay.

Il y a en effet peu, voire aucun cas, dans le Haut du Lac. En plus de protéger ses citoyens, le maire de Dolbeau-Mistassini souhaite diminuer le déficit commercial de son territoire avec la mise en place de barrages. Plusieurs Jeannois sont tentés de magasiner dans les grandes surfaces qui sont nombreuses à être ouvertes à Saguenay. En isolant le Lac-Saint-Jean, les citoyens n’auraient d’autres choix que de s’approvisionner dans les commerces ouverts de leur secteur et ainsi encourager davantage les commerçants jeannois. Un argument que rejette la mairesse de Saguenay.

« Je ne pense pas qu’en mettant des polices on va changer les habitudes. C’est à tous de prendre conscience d’acheter chez nous. C’est une période qui va nous permettre de découvrir la richesse de nos producteurs locaux. C’est à nous de prendre le temps de les découvrir. Il y a moyen de magasiner autrement », plaide Josée Néron.

Cette dernière croit d’ailleurs que le gouvernement devrait davantage réfléchir sur l’iniquité commerciale qui sépare les géants du détail, qui peuvent demeurer ouverts et vendre des produits non essentiels, et les petits commerçants locaux qui ont été obligés de fermer boutique.

« Les gens (PME et commerçants) qui ont levé la main avaient raison. Il y a sûrement matière à réflexion sur la chose et ça sera au gouvernement d’assurer une équité. La réflexion est justifiée, à mon avis », laisse tomber Mme Néron.

Le premier ministre, rappelons-le, a refusé lundi de forcer les géants du détail à fermer leurs départements de produits non essentiels. Une fermeture exigée par plusieurs entreprises, au cours des derniers jours.