L'avocat Charles Cantin.

Jennifer Chassé devra apprendre à gérer son agressivité

Jennifer Chassé, une jeune femme de 21 ans de Jonquière, a essayé de poignarder son ex-copain, le 20 août dernier en matinée. Initialement accusée de tentative de meurtre, la jeune femme a finalement reconnu sa culpabilité à des chefs de voies de fait armées, de harcèlement criminel, de menaces de mort, de méfaits et d’introduction par effraction. Elle s’en sort avec une peine de 90 jours de détention à purger les fins de semaine à la prison de Roberval. Et elle devra apprendre à gérer son impulsivité et son agressivité, dans le cadre d’une thérapie.

La menue jeune femme s’est présentée devant la juge Sonia Rouleau, mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Elle a écouté attentivement, en larmes, le procureur de la Couronne relater les événements qui l’ont amenée derrière les barreaux. 

Les premiers événements reprochés à Jennifer Chassé remontent au 3 juillet dernier, lorsqu’elle s’est introduite par effraction chez son ex-copain, avec qui elle avait partagé les deux dernières années de sa vie. Elle voulait alors savoir pourquoi il ne répondait plus à ses appels et textos. L’homme, alors dans la douche, lui demande de quitter, mais elle s’enfuit avec son cellulaire et il réussit à la rattraper une fois à l’extérieur. La jeune femme s’empare alors d’un patin et fracasse le pare-brise du véhicule de son ex. Il porte plainte à la police et la jeune femme est accusée de méfaits, d’introduction par effraction et de harcèlement criminel. 

Près d’un mois plus tard, la jeune femme, qui entretenait toujours des liens avec la victime, fracasse une seconde fois le pare-brise de son ex, après une dispute qui a éclaté entre eux. L’homme ne portera pas plainte concernant cet événement, affirmant que Jennifer Chassé en a déjà « plein les bras avec la justice ». 

Mais voilà que le 20 août dernier, la jeune femme texte son ex, lui disant qu’elle aimerait le voir. Elle se présente donc au domicile de l’homme, mais le colocataire de ce dernier ne souhaite pas voir l’accusée et les deux ex-conjoints se déplacent jusqu’au domicile de madame, situé sur la rue Bergeron à Jonquière. 

La victime s’endort alors sur le divan. Après quelques instants, l’homme est réveillé par le bruit de son cellulaire lancé au sol. La jeune femme aurait vu des conversations sur le cellulaire de son ex qui l’auraient mise en colère. Une violente dispute éclate et Jennifer Chassé s’empare d’un couteau à steak dans le tiroir à ustensiles. « Je vais te tuer », lance alors la jeune femme en se dirigeant vers l’homme. Elle réussit à lui lacérer le visage et le cou, avant d’échapper le couteau. Elle tente de le reprendre, mais l’homme réussit à agripper la jeune femme et à s’enfuir à la course à l’extérieur de l’appartement.

Jennifer Chassé sera rapidement arrêtée puis incarcérée. Elle faisait initialement face à une accusation de tentative de meurtre, mais au terme de discussions entre la défense et la Couronne, une accusation de voies de fait armées a finalement été déposée. 

Jennifer Chassé a été envoyée en thérapie à Saint-Jérôme le 7 septembre, afin d’apprendre à gérer son impulsivité, mais aussi de mettre un terme à sa consommation de métamphétamine, évaluée à deux ou trois comprimés par jour. Toutefois, elle a été expulsée de sa thérapie le 8 novembre, lorsqu’elle a voulu avoir des relations avec un homme sur place. Elle a été retournée à la prison de Roberval. 

Mercredi matin, c’est une jeune femme les yeux rougis par les larmes qui s’est adressée à la juge, promettant de tout faire le nécessaire pour retourner sur le droit chemin. Celle qui a le projet de retourner à l’école affirme avoir arrêté de consommer et désire être suivie par un psychologue pour apprendre à gérer ses émotions. 

« J’ai menti à ma famille durant trois ans, en disant que je n’avais pas besoin d’aide. Mais c’était faux et je le regrette », a affirmé Jennifer Chassé, une femme au très petit gabarit. Ses proches étaient d’ailleurs présents en salle de cour. 

La juge Sonia Rouleau a finalement entériné la suggestion commune de l’avocat de Jennifer Chassé, Me Charles Cantin, et de l’avocat de la Couronne, Me Sébastien Vallée, en condamnant l’accusée à 90 jours de prison à purger les fins de semaine, en plus d’une probation de trois ans. 

« Je ne veux plus vous voir ici. Mais vous allez devoir travailler sur cette agressivité pour vous en débarrasser. Ce sont des crimes très graves », a affirmé la juge Sonia Rouleau.