Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a profité de la tribune du Cercle de presse du Saguenay pour dresser son bilan des vingt dernières années à la tête de Chicoutimi et Saguenay.

Jean Tremblay n'a pas de regret

Jean Tremblay ne regrette rien des décisions qu’il a prises au cours de ses 20 années de règne à l’hôtel de ville de Chicoutimi, puis de Saguenay.

À quelques jours de la fin de son mandat prévue le 5 novembre, le maire sortant a dressé un bilan positif de son administration devant le Cercle de presse de Saguenay, mercredi, tout en s’abstenant de parler de la course à la mairie.

Lors de son introduction, M. Tremblay a rappelé les débuts difficiles de Saguenay avec la présence d’élus jonquiérois et baieriverains qui lui étaient hostiles, le congédiement du premier directeur général Bertrand Girard, les poursuites entamées dans les dossiers BTF, les fermetures d’usines dont la Consol de La Baie, l’avenir des Saguenéens, l’exode des jeunes, etc. Parmi les réalisations dont il est fier, M. Tremblay a évoqué l’aménagement du quai des bateaux de croisières, la reprise des centrales hydroélectriques de Pont Arnaud et Chute Garneau, la réorganisation de l’aéroport de Bagotville ainsi que du secteur des spectacles, l’acquisition des Croisières du Fjord et la création de Promotion Saguenay. 

Parmi les déceptions vécues, M. Tremblay mentionne le dossier de la prière à l’hôtel de ville qui a fait l’objet d’une décision de la Cour suprême du Canada ainsi que du comportement des conseillers Bernard Noël et Fabien Hovington pour les voyages à Nice. Cependant, le maire Tremblay estime que ces personnes et leur entourage immédiat ont payé chèrement leur comportement face à l’opinion publique tout en souhaitant que les médias cessent d’en remettre sur leur dos.

Médias

Parlant des médias, le maire sortant affirme qu’ils ne se remettent pas assez en question en ajoutant qu’il est faux de prétendre que les journalistes sont objectifs. « Vous voulez vendre votre produit et c’est humain. Il est difficile de dire aux médias qu’ils ne sont pas corrects. Le public critique les médias et je pense qu’ils doivent être plus attentifs aux critiques », affirme M. Tremblay.

Partis politiques

Concernant l’évolution des travaux du conseil municipal, M. Tremblay a réitéré qu’il préférait l’époque où les partis politiques n’existaient pas, mais constate que la Loi sur les élections favorise leur présence au Québec parce qu’elle leur accorde du financement, un phénomène qu’il qualifie d’unique en Amérique du Nord. Selon lui, Trois-Rivières n’a pas de parti politique municipal et la municipalité ne s’en porte que mieux.

Il prédit qu’au lendemain de l’élection municipale du 5 novembre, Saguenay risque de ne plus avancer dans ses travaux au conseil si l’opposition est trop forte et si elle est laissée sous la gouverne des fonctionnaires. « Ça va être l’enfer. Des fonctionnaires ont dit qu’ils ne voteront pas pour Dominic Gagnon. Eux veulent hausser les taxes, car quand on a de l’argent, on peut acheter des beaux camions, des beaux bureaux et on négocie des belles conditions de travail. Dans 60 % des villes, ce sont les fonctionnaires qui décident. »


Il y a trop de fonctionnaires. Un fonctionnaire qui n’a rien à faire en dérange deux autres.
Jean Tremblay

Avenir personnel

Au lendemain de l’élection, M. Tremblay n’entend pas jouer le rôle de belle-mère et critiquer celui ou celle qui lui succédera, un comportement que ses concitoyens n’apprécieraient pas. Son rêve serait de quitter le pays pour un an puisque l’un de ses fils demeure à l’étranger, un projet qu’il n’est pas certain d’accomplir. Sa résidence personnelle est à vendre et il souhaiterait acquérir un condo afin de s’éviter les tâches d’entretien.

Pas question pour lui de prendre des engagements pour donner des conférences ou s’impliquer dans quelconques activités.


 Quand tu fais de la politique, tu veux rayonner. On me demande mon opinion sur tout. Je suis flatté de ça. 
Jean Tremblay

Neutralité religieuse

Le débat sur la neutralité religieuse de l’État continue d’intéresser le maire sortant, Jean Tremblay. Il estime que l’État n’a pas à se mêler d’affaires religieuses, même s’il se dit d’accord pour interdire les visages cachés dans l’espace public. Selon lui, si une religion interdit aux femmes les visages à découvert, ça ne fonctionne pas avec le reste de la société. Il considère que le port du col romain ne constitue pas un problème. 

Interrogé sur l’avenir de la ville, Jean Tremblay croit que les industries du bois et de l’aluminium continueront d’être importantes, mais qu’il faudra travailler plus intensément avec l’UQAC afin de diversifier l’économie régionale à partir du savoir-faire dont on dispose. 

Il a qualifié l’annonce de l’installation d’Ubisoft à Saguenay de coup de maître tout en prêtant foi à la réalisation des projets de GNL Québec, Métaux BlackRock et Arianne Phosphate. 


Les arrondissements, ce n’est pas l’invention du siècle.
Jean Tremblay