Jean-Pierre Charbonneau était de passage dans la région, mercredi, afin de présenter le projet de loi entourant la réforme du mode de scrutin.

Jean-Pierre Charbonneau en tournée pour expliquer la réforme électorale du Mouvement Démocratie Nouvelle

Le président du Mouvement Démocratie Nouvelle (MDN) et ex-député péquiste, Jean-Pierre Charbonneau, était au Club de Yacht de Chicoutimi, mercredi soir, afin d’expliquer la réforme électorale proposée par le MDN.

Accompagné de Claudette Carbonneau, ex-présidente de la Confédération des syndicats nationaux, M. Charbonneau a tenu une séance d’information pour présenter le mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire. Une vingtaine de citoyens y ont assisté.

Créé en 1999, le MDN est un mouvement citoyen qui veut faire pression sur le gouvernement pour faire changer le mode de scrutin. Le MDN propose que le scrutin uninominal à un tour – le mode actuel – soit remplacé par un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire. Dans ce système, les électeurs votent pour un candidat de circonscription et pour un parti. Pour éviter les distorsions, des sièges dits « compensatoires » sont attribués pour refléter la proportion des votes obtenus par un parti. Siègent à l’Assemblée nationale les élus de circonscription et ceux des sièges proportionnels. Le projet de loi 39 concernant la réforme électorale a officiellement été déposé le 25 septembre dernier.

Rencontré avant la conférence, Jean-Pierre Charbonneau a indiqué que bien que la Coalition avenir Québec (CAQ) ait respecté l’engagement auquel elle avait adhéré par sa signature de l’entente transpartisane du 9 mai 2018, certaines modalités devront être revues afin de satisfaire les exigences du MDN.

« Certaines modalités posent problème. Parce que le gouvernement a accepté de prendre des régions administratives comme régions électorales, c’est clair que les petites régions vont être moins favorisées quant à la pluralité [des députés]. Mais en même temps, les petites régions ne veulent pas être amalgamées, alors le gouvernement a choisi de garder les régions administratives. En faisant ça, on corrige moins les distorsions. Et le problème est que la méthode de calcul que le gouvernement a inventée pour la compensation sur une base régionale, ça, ça pose problème, parce que c’est une prime aux vainqueurs, puisque les partis dans chaque région vont être favorisés. Si tu veux avoir un mode de scrutin proportionnel, ça va l’être beaucoup moins que ce qui se fait ailleurs, quand le calcul est fait sur la base de ce que le parti a gagné dans les comtés locaux. »

M. Charbonneau explique que le MDN essayera d’obtenir des bonifications sur le projet de loi 39 afin que le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) soient en accord avec celles-ci et votent en faveur de la proposition du gouvernement Legault.

Il affirme également son désarroi quant à la proposition du gouvernement caquiste d’attendre les élections de 2022 pour proposer un référendum sur la question.

Jean-Pierre Charbonneau est d’avis que l’intérêt pour le scrutin sera dilué dans la couverture médiatique de la campagne politique. Il ajoute : « Le premier ministre a dit à propos du projet de loi que c’est un sujet complexe, mais fondamental. Alors, si c’est fondamental et complexe, ça mérite une campagne référendaire qui ne sera pas en même temps que la campagne électorale, pour que l’attention des médias et l’intérêt du public soient favorisés par le fait que c’est le sujet d’actualité pendant cette période-là. » Il est d’avis que le référendum doit se faire à la suite de l’adoption du projet de loi, puisque le mouvement créé autour de celui-ci accentuera l’intérêt du public.

Jean-Pierre Charbonneau affirme que le Saguenay–Lac-Saint-Jean et « toutes les régions » seraient avantagés par le mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire. « Vous allez vous retrouver ici à avoir une pluralité de représentants politiques. Autrement dit, les représentants politiques ne seront plus d’un seul parti. Tu ne te retrouveras plus avec un seul parti qui va avoir tous les comtés. »

Il cite comme exemple les Laurentides. « [Les caquistes] ont dix comtés actuellement. Ils ont eu 45 % du vote et ils ont 100 % des députés. Ça, c’est la distorsion. En plus, le parti a eu 37 % d’appuis populaires, puis il a 67 % des députés ; ça aussi, c’est un peu distorsionné. Nous, on ne veut plus ça. »