Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier (à droite) considère que la présence d’élus municipaux au conseil d’administration de Promotion Saguenay est nécessaire.

Jean-Marc Crevier s’en prend à Jean Tremblay

Le conseiller municipal Jean-Marc Crevier juge démagogiques les propos de l’ex-maire de Saguenay Jean Tremblay, qui affirme avoir réalisé des économies en permettant à Ghislain Harvey d’occuper deux fonctions. Selon lui, l’histoire a démontré qu’il avait rendu son « ami millionnaire » en lui créant un régime de retraite qui n’existe pas ailleurs dans le monde municipal.

Le conseiller municipal réagissait ainsi aux commentaires de l’ex-maire après la publication du rapport du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire. Ce rapport confirmait qu’il y avait à Promotion Saguenay des problèmes de concentration de pouvoirs entre les mains du maire et de l’ex-directeur général Ghislain Harvey. Les auteurs notaient de plus des problèmes de fonctionnement au sein du conseil d’administration.

« Aujourd’hui, on doit revenir sur la légalité du contrat de Ghislain Harvey et poser les questions. Le conseil d’administration n’a pas été informé de la signature du contrat de Ghislain Harvey, le 8 juin 2017. Aucune copie papier n’a été déposée aux membres du comité exécutif. Ce sont les fonctionnaires du ministère qui font ce constat. Pourquoi le dépôt du procès-verbal du comité exécutif, qui a discuté de la signature de ce contrat, n’a jamais été fait dans les procès-verbaux des conseils d’administration qui ont suivi l’exécutif en question », insiste Jean-Marc Crevier.

Le conseiller municipal affirme que ces constats donnent raison à Me Daniel Gagnon. Ce professeur en gestion à l’Université du Québec à Chicoutimi a été le premier à affirmer publiquement qu’il était possible de contester la légalité du contrat de Ghislain Harvey en raison de tout ce qui a entouré son approbation.

Quant aux résultats dont se targue Jean Tremblay, Jean-Marc Crevier affirme qu’il faut être réaliste. Promotion Saguenay a oeuvré principalement dans le tourisme, selon le conseiller municipal. Il affirme que les réalisations dans le domaine industriel sont beaucoup moins impressionnantes.

Les élus nécessaires
Les auteurs du rapport émettent d’autre part une recommandation qui va à l’encontre de la présence des élus municipaux au conseil d’administration de Promotion Saguenay. Jean-Marc Crevier est loin d’endosser cette recommandation et considère que les citoyens de Saguenay méritent que des élus siègent au conseil d’un organisme qui reçoit 9 M $ de financement de la Ville sur une base annuelle.

« Tous les changements réalisés à Promotion Saguenay depuis l’élection ont été initiés par les élus qui participaient au conseil d’administration. Ces changements dans la gouvernance n’auraient jamais eu lieu avec l’ancien conseil d’administration. Certains n’aimaient pas vraiment notre présence », insiste Jean-Marc Crevier.

La mairesse Josée Néron, toujours selon les recommandations du rapport, devrait aussi quitter ses fonctions de présidente de Promotion Saguenay. Encore une fois, Jean-Marc Crevier s’élève en faux contre cette recommandation.

« Je travaille avec Mme Néron. Les citoyens n’ont pas à s’inquiéter. Quand elle se présente aux séances du conseil d’administration, elle a fait le tour des dossiers et des dépenses. Tous les documents qu’elle utilise sont marqués et annotés. Elle sait exactement à quoi a servi l’argent. On a bien vu dans le rapport des situations où il n’y avait pas de suivi sur les dépenses ou les aides financières. Ça ne peut plus fonctionner comme ça avec l’argent des contribuables. »

Jean-Marc Crevier compare un peu cette situation avec le Fonds de solidarité des travailleurs. Des critiques ont été faites en raison de la présence de représentants syndicaux au conseil d’administration. Des modifications ont été apportées, mais les travailleurs ont toujours une bonne représentation au conseil.

« C’est quand même normal que les gens qui financent aient des représentants au conseil d’administration », a conclu Jean-Marc Crevier.