Rio Tinto a récemment annoncé la fermeture de l’Usine Dubuc.

Jean-Marc Crevier propose un incubateur

Le conseiller municipal de Saguenay Jean-Marc Crevier propose la création d’un incubateur spécialisé dans les alliages d’aluminium en récupérant les équipements de production de l’Usine Dubuc dont la suspension des opérations pour une période indéterminée a été annoncée par Rio Tinto.

Au cours d’une entrevue qu’il accordait au Quotidien, le conseiller municipal de Jonquière s’est dit inquiet de cette fermeture indéterminée. Il se préoccupe surtout du risque de la perte d’une expertise pratiquement unique au monde qui a permis à cette petite usine de se tailler une place de choix dans des produits de niche.

« Pendant la dernière campagne électorale, le premier ministre François Legault a insisté pour que des organismes comme Investissement Québec se comportent comme le Fonds de solidarité FTQ ou Fondaction CSN en investissant ici. Il doit y avoir une mobilisation pour créer un incubateur et trouver une façon de financer le projet pour être en mesure d’innover comme le souhaite le nouveau gouvernement », explique Jean-Marc Crevier.

Depuis la fermeture de cette usine ouverte au début des années 1990, personne n’a jugé opportun d’exiger de la multinationale Rio Tinto un geste d’ouverture pour le partage des locaux et des équipements. Jean-Marc Crevier met l’accent sur la qualité des équipements et surtout sur la concentration d’une expertise de pointe qu’il sera difficile de remplacer si jamais on décide de ne rien faire.

« C’est vrai que les travailleurs de l’Usine Dubuc ne perdent pas leur emploi. Ils sont déplacés à l’aluminerie de La Baie. Mais on sépare une équipe d’opérateurs avec une expertise exceptionnelle. C’est de loin une expertise unique au monde et si jamais on procède au démembrement de cette équipe, ça sera la fin et la perte de l’expertise pour la région. »

Le Quotidien a contacté des spécialistes du secteur qui ont préféré ne pas commenter cette fermeture d’une autre usine qui gravite dans l’univers de Rio Tinto, mais qui est loin du marché du métal primaire.

Les pertes de contrat ne sont pas les principaux facteurs qui ont conduit à la fermeture. L’annonce de la semaine dernière découle de la décision de Rio Tinto de céder les droits sur la production d’aluminium lithium pour lequel l’un des principaux clients est le fabricant européen d’avions Airbus. La production de ce métal à l’Usine Dubuc permettait de supporter les infrastructures. Elle a été cédée à l’entreprise Constellium qui a procédé à la construction d’une usine jumelle de Dubuc dans la ville d’Issoire en France.

Les autres produits fabriqués au Saguenay sont le Boralcan, dont le principal client est l’usine Seradine et le Duralcan.

Le conseiller municipal considère que plusieurs intervenants préoccupés par le développement économique, dont l’université, le CTA et même la SVA, doivent amorcer une réflexion sur l’avenir de l’usine afin d’exiger des engagements de Rio Tinto qui permettraient de conserver le côté fabrication de Dubuc tout en permettant de servir d’amorce pour de nouveaux projets.