Jean-François Lisée a rencontré des membres de son parti lors d’une assemblée à Saint-Félicien, lundi.

Jean-François Lisée en mode séduction au Lac-Saint-Jean

Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, est convaincu que les libéraux seront battus aux prochaines élections provinciales, prévues en octobre. Par la Coalition avenir Québec (CAQ) ou par le PQ, il ne le sait pas, mais chose certaine, il encourage les électeurs de la circonscription du premier ministre, Philippe Couillard, à éviter une élection partielle en votant pour un autre candidat que lui dans Roberval.

« Par empathie pour M. Couillard, il faudrait lui dire qu’il n’est pas obligé de causer une partielle. On tourne la page de façon nette et claire. J’appelle les électeurs de Roberval à faire comme le reste du Québec, soit de donner un congé clair et net au premier ministre », encourage M. Lisée, sous-entendant que si Philippe Couillard est élu dans Roberval, mais que les libéraux ne sont pas reportés au pouvoir, il pourrait bien démissionner, forçant ainsi une partielle.

Il a ensuite expliqué le choix restant pour les électeurs. « Rien n’est jamais certain, mais c’est fort probable que les libéraux vont être battus aux élections d’octobre. Le choix, ça va être “est-ce que c’est la CAQ ou le Parti québécois qui est le meilleur changement ? ” », indique M. Lisée.

Ce dernier n’a cependant pas de candidat péquiste à présenter pour l’instant, mais assure qu’il a reçu des candidatures intéressantes. 

« En temps et lieu, on vous présentera les candidats, mais on est très compétitifs dans Roberval. On sait que le premier ministre a déçu les électeurs. Roberval a été bien représentée par le PQ pendant de nombreuses années. Nous sommes le parti qui a le mieux accompagné l’industrie forestière », estime-t-il. M. Lisée donne l’exemple de Denis Trottier. Jean-François Lisée a fait ces déclarations lors d’une tournée régionale qu’il a entamée à Dolbeau-Mistassini lundi. Il a notamment rencontré des élus municipaux, des agriculteurs et des représentants du comité de survie du bloc opératoire de l’hôpital de Dolbeau-Mistassini. 

D’ailleurs, il assure que s’il était élu premier ministre en octobre, il ne manquerait plus de chirurgiens en région. 

« Monsieur  [le ministre de la Santé, Gaétan] Barrette ne pense pas que les spécialistes devraient être présents en région, qu’ils devraient être à Québec et à Montréal. Ça montre l’absence de sentiment d’urgence. C’est clair que c’est le contraire de notre vision. Nous sommes un parti de régions », avance M. Lisée. 

Redonner du pouvoir aux maires 

Il assure par ailleurs qu’il redonnerait de l’autonomie régionale aux municipalités en leur assurant un budget stable sur trois ans. 

« [Si les maires] prennent de bonnes décisions, ils seront réélus à leurs élections locales et s’ils prennent de mauvaises décisions, ils s’en expliqueront aux élections. Ce n’est pas à Québec de toujours regarder par-dessus leur épaule », explique le chef péquiste. 

Secteur agricole

Jean-François Lisée voudrait également s’assurer que les terres québécoises restent dans les mains de gens d’ici et cela passe par une plus grande générosité de la Financière agricole afin de permettre à la relève de louer ou d’acquérir des parcelles de terrain. 

L’importance de s’unir

M. Lisée n’a cependant pas que des mots durs à l’égard du gouvernement Couillard. Selon lui, il est primordial que tous les paliers de gouvernements et les entreprises touchées par les renégociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), celles du secteur de l’aluminium entre autres secteurs, unissent leur voix pour véhiculer leur message. 

« Notre influence, elle est sur les manufacturiers américains qui utilisent notre aluminium et qui vont être pénalisés s’il y a des tarifs douaniers et c’est avec eux qu’il faut faire des alliances. Si on réussit à faire cette coalition, c’est là que ça va faire la différence. C’est ce que font les gouvernements en ce moment et je les félicite », fait-il valoir. 

M. Lisée assure que sa visite n’a rien à voir avec celles des premiers ministres du Québec et du Canada. Mardi, il sera à Saguenay.

«On ne bâtit pas un Québec sans les régions»

Fiscalité, règles environnementales, détresse psychologique des agriculteurs. Le vice-président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Éric Girard, assure qu’il a partagé ses plus grandes inquiétudes au chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, lors d’une rencontre à Saint-Félicien, lundi. 

« On perd des entreprises agricoles, ce n’est pas un domaine facile, mais il est important et les gens sont passionnés. Il y a de l’avenir, mais ça nous prend un environnement prospère. Si on n’a pas le gouvernement derrière nous et des programmes qui sont suffisamment développés, on ne fera pas grossir la région », indique M. Girard. 

Il a rappelé à M. Lisée que l’agriculture vient tout juste derrière le secteur forestier lorsqu’on pense à l’économie régionale. Il a voulu lui préciser que Montréal, sans les régions, n’est pas viable sur le plan économique. 

« On lui a passé le message qu’on ne bâtit pas un Québec sans les régions. À partir de là, à savoir si le message a été entendu, je ne peux pas me mettre à sa place. On verra par la suite, mais on continuera à faire valoir nos droits », précise-t-il. 

M. Girard s’est dit ouvert à rencontrer des représentants d’autres partis politiques. « On a aussi demandé [à M. Lisée] d’avoir une écoute gouvernementale. Quand vient le temps des élections, on entend bien des promesses, mais quand les élections sont passées, c’est important que ça se concrétise », croit-il. 

Éric Rousseau, Éric Girard, Pierre Murray, Étienne Barrette, Michel Frigon et Gérard Mathieu ont partagé leurs préoccupations au chef du Parti québécois, lundi.