Je crois en ma région: un appui conditionnel aux grands projets

Le mouvement Je crois en ma région, dévoilé en grande pompe mardi, offre un appui conditionnel aux grands projets afin de tendre vers un objectif résumé en « une meilleure région pour tous ». La porte-parole de l’initiative Karine Trudel mise sur le caractère positif de la démarche. Près d’une centaine de personnes provenant des quatre coins du Saguenay-Lac-Saint-Jean s’étaient donné rendez-vous à Alma pour assister au dévoilement du mouvement qualifié par plusieurs d’historique.

« Le Saguenay-Lac-Saint-Jean vit un moment particulièrement effervescent et déterminant de son histoire à travers l’intérêt de plusieurs projets d’envergure à s’établir chez nous. Nous entrons dans une nouvelle ère d’opportunités et de développements avec les nouveaux grands projets qui se dessinent à l’horizon. Des grands projets qui permettront de diversifier notre économie, d’accroître notre richesse sociale et économique et de renouer avec la croissance démographique  », a mentionné la porte-parole du mouvement, Karine Trudel. 

L’ancienne députée fédérale de Jonquière a dévoilé les grandes lignes de cette mobilisation pensée par le propriétaire-éditeur d’Informe Affaires, Guy Bouchard. Elle était accompagnée, sur scène, par une vingtaine d’intervenants du milieu économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dont notamment des représentants des chambres de commerce de la région, de la CIDAL et Promotion Saguenay. Les élus des paliers municipal, provincial et fédéral se retrouvaient pour leur part dans la salle aux côtés d’une soixantaine de personnes. 

Mme Trudel a présenté le mouvement comme un moyen pour prendre part à la conversation entourant la concrétisation de grands projets au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle souligne que les avis sont, par moment, très polarisés. « Le mouvement Je crois en ma région est là pour rappeler à tout le Québec et aux promoteurs de grands projets qu’ils ont droit à notre ouverture quant à leur accueil et que d’ici leur évaluation détaillée et objective, ils obtiennent un oui conditionnel de notre communauté », a-t-elle précisé. 

Celle-ci a ajouté que le Saguenay-Lac-Saint-Jean a « le droit au développement et à sa prospérité au même titre que les autres régions du Québec ». Pour Mme Trudel, la région est une terre d’accueil qui détient des atouts importants pour assurer un développement économique qui respecte les normes environnementales. À son avis, les citoyens ne peuvent se braquer devant tous les projets, et ce, avant même la réalisation des différentes études. 

La porte-parole de l’initiative a notamment appuyé ses propos sur un récent sondage qui démontrait un taux d’appui de 75 % en faveur des grands projets. Elle a souligné l’importance, pour tous, de prendre la parole et d’envoyer un message clair aux gouvernements. 

La figure de cette mobilisation a rappelé que les trois projets que sont Métaux BlackRock, Énergie Saguenay et Arianne Phosphate pourraient générer jusqu’à 1000 emplois dont le revenu moyen annuel s’élèverait à 91 000 $. À cela, ajoutons les emplois indirects à l’échelle provinciale. Le renversement des tendances démographiques ainsi que la diversification sont les arguments invoqués quant à l’aspect social de ces projets. Au plan environnemental, le mouvement Je crois en ma région se tourne vers la possible baisse de l’utilisation d’énergies plus polluantes à l’échelle mondiale grâce à certains projets.

Le mouvement Je crois en ma région qui offre un oui conditionnel aux actuels et futurs projets devrait dépasser les limites du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Karine Trudel précise que des interventions et des actions auront lieu en dehors de la région. Elle ajoute que le mouvement s’adaptera aux divers projets ainsi qu’au sort qui leur est réservé.

Les initiateurs de cette prise de parole massive espèrent rejoindre la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean, autant les travailleurs, les entrepreneurs que les familles. Le mouvement compte un site Internet ainsi qu’une page Facebook.

« Plus nous serons unis et nombreux, plus notre voix sera entendue », a conclu Karine Trudel.

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CE QU'ILS ONT DIT

« Je considère que c’est une belle continuité. On savait que ça s’en venait. Je trouvais ça bien que ça soit en dehors de nous, les élus, qui faisons déjà beaucoup dans le domaine. Il faut que ça soit la population qui s’empare du dossier. On le sait qu’il y aura des contestations, il y aura des pour et des contre. On est bien d’accord avec ça. Au moins, on aura des gens qui vont en parler pour. Ces temps-ci, au niveau médiatique, c’est toujours à démolir, démolir constamment. À l’extérieur, on passe presque pour des barbares. Ils voient la paille dans l’oeil du voisin, mais ils ne voient pas la poutre qu’ils ont dans la face. Ils habitent dans le ciment à l’année. Ils jugent les régions.»

Marc Asselin, maire d’Alma

« C’est très positif. C’est un vent qui fera en sorte que ça pourra rallier les gens. C’est présenté comme un appui conditionnel qui est présenté de manière intelligente. On veut les projets, mais en respectant les communautés et toujours dans le concept de développement durable. On parle toujours de retombées régionales. Un moment donné, il pourrait y avoir des projets dans le Haut-du-Lac. On parle de ces trois projets, mais il peut s’en ajouter dans le futur. Je pense que c’est un mouvement qui, dans le temps, pourra nous servir.»

Pascal Cloutier, maire de Dolbeau-Mistassini 

« C’est une bonne nouvelle. La CIDAL est mandatée par la MRC et Ville d’Alma pour aider nos entreprises et maximiser les retombées économiques. Un mouvement du genre, c’est un partage d’informations. On parle des grands projets, oui il y a de grands projets qui se trament au Saguenay. Mais on parle aussi de nos projets, dont Rio Tinto. On voit ce mouvement comme quelque chose qui peut nous aider à concrétiser ce genre de projet. C’est quelque chose qui peut nous aider aussi. C’est un beau mouvement régional dont les gens autant du Haut-du-Lac que du Saguenay qui sont prêts à se mobiliser et à travailler ensemble » 

Marc Moffat, directeur général de la Corporation d’innovation et développement Alma - Lac-Saint-Jean-Est (CIDAL)

« C’est extraordinaire. Je suis vraiment content de cela. On se promène. Les gens étaient pour les projets. On attendait impatiemment cette journée. On savait que des gens allaient se prononcer. Beaucoup d’élus sont ici aujourd’hui. On veut que la région prospère. Ce sont des projets qui sont importants chez nous pour le développement économique et pour faire revenir des jeunes en région. Les projets sont jusqu’à maintenant bien menés. Deux projets ont reçu leur décret et présentement GNL travaille extrêmement bien, ils font énormément de consultation. C’est vraiment motivant de voir cela.»

Richard Martel, député de Chicoutimi-Le Fjord

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KARINE TRUDEL REBONDIT

Karine Trudel n’a pas pris de temps à rebondir à la suite de sa défaite aux élections fédérales du 21 octobre dernier. Celle qui a perdu son siège à Ottawa le mois dernier a pris la parole, mardi, sous un tout nouveau rôle, soit celui de porte-parole du mouvement Je crois en ma région. 

Questionnée quant à son association avec le mouvement alors que les électeurs de Jonquière ne l’ont pas « choisie » le soir des élections, Mme Trudel n’a nullement semblé gênée par la défaite profitant de l’occasion pour rappeler le travail réalisé. 

« Le but, ce n’est pas de prendre toute la place à la suite de l’élection. C’est une suite logique. J’ai toujours travaillé pour ma région, pour les travailleurs et travailleuses. Ça, je peux le démontrer. J’en suis très fière d’ailleurs. C’est une continuité dans un autre domaine, mais qui se ressemble aussi », a-t-elle répondu à la question d’un représentant des médias.

Celle-ci compte travailler à faire rayonner les grands projets dans la région et même à l’extérieur du Québec. Mme Trudel assure qu’elle portera le message voulant que le Saguenay-Lac-Saint-Jean est ouvert aux grands projets et désire obtenir sa juste part du développement économique.