La porte-parole du mouvement Je crois en ma région, Karine Trudel, et Sandra Rossignol, vice-présidente exécutive et directrice générale de la CCISF, posent en compagnie de MélissaJane Gauthier, Philippe Proulx-Bergeron, Simon McNicoll, Alexandre Simard et Alex Tremblay.

Je crois en ma région: cinq jeunes prennent la parole

Entre 1996 et 2016, 27 000 personnes, dont 19 000 âgés entre 20 et 29 ans, ont quitté le Saguenay-Lac-Saint-Jean vers les grands centres. Afin de freiner cet exode – qui atteint présentement 600 jeunes par année –, cinq jeunes professionnels ont livré un plaidoyer en faveur du développement économique régional, mardi matin. Une façon, pour eux, d’adhérer au mouvement Je crois en ma région.

Simon McNicoll, vice-président jeunesse à la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF) et CPA auditeur chez Raymond Chabot Grant Thornton, Alex Tremblay, conseiller en développement des affaires, gestion de patrimoine à la Financière des professionnels, Alexandre Simard, membre du comité Aile jeunesse de la CCISF et architecte chez Les Maîtres d’œuvre, Philippe Proulx-Bergeron, entraîneur physique au Centre multi-forme d’Arvida, et MélissaJane Gauthier, directrice des communications pour les Bistro Café Summum, ont pris la parole à tour de rôle. Ils ont tous livré des discours centrés sur l’importance du développement économique pour ramener les jeunes en région. Une conférence de presse sans grande annonce, mais « humaine », a précisé d’emblée Sandra Rossignol, vice-présidente exécutive et directrice générale de la CCISF.

Trois d’entre eux ont dû quitter la région pour les études, mais ont décidé d’y revenir. La qualité de vie, les opportunités et les forces distinctives du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont fait pencher la balance.

« J’ai commencé mes études à l’Université Laval et, à mi-parcours, j’ai décidé de revenir m’installer dans la région où j’ai fini mon premier cycle universitaire. Et là, je suis en train de finir ma maîtrise à l’UQAC. J’ai choisi le Saguenay à plusieurs moments clés. [...] Une place où installer ma carrière, ma famille, où investir en immobilier », a expliqué Alex Tremblay, qui croit que les 27 000 personnes qui ont quitté n’ont pas la chance de se réaliser professionnellement dans la région tout comme lui.

Dans le cadre de sa formation en architecture, Alexandre Simard devait choisir un endroit où faire son stage. Il a décidé de revenir le faire dans sa région. « Chez Les Maîtres d’œuvre, je me suis vite rendu compte que j’aurais des opportunités intéressantes de travailler sur des grands projets, des projets intéressants architecturalement parlant. Aujourd’hui, je pense qu’on a une grande opportunité en tant que professionnels de pouvoir développer ces projets-là d’une manière intelligente et durable », croit Alexandre Simard, lui qui s’apprête à prendre la relève de l’entreprise.

« Il y a tellement de forces distinctives dans notre région, il y a des domaines d’activités de toutes sortes, et au sein de ces domaines-là, il y a des jeunes qui sont prometteurs, qui sont fonceurs, qui ont de belles idées, qui sont innovateurs. Ce sont des jeunes qui ont une voix et c’est important de l’écouter cette voix-là », a pour sa part mentionné MélissaJane Gauthier.

Simon McNicoll a de son côté fait ses études à l’UQAC et c’est là qu’il a connu sa conjointe, qui venait de l’extérieur. Ensemble, ils ont pris la décision de s’établir à Saguenay. « À ce moment-là, j’ai décidé d’être un citoyen actif. Je ne voulais pas être un spectateur au travers de tous les beaux grands projets qui nous sont présentés », a-t-il expliqué.

Philippe Proulx-Bergeron, bien qu’il œuvre dans un « domaine différent », n’a pas un sentiment d’appartenance moins grand que les autres jeunes qui ont pris la parole. Jamais, dans sa carrière, et malgré les opportunités, il n’a envisagé de quitter la région. « Tous les grands projets découlent souvent de petits projets, des petites entreprises régionales, des PME et des individus de la région », souligne-t-il, lui qui voit dans les grands projets une opportunité d’avoir plus de clients dans son commerce.

Le mouvement

Le mouvement Je crois en ma région, lancé en novembre dernier, a atteint son objectif de 5000 membres en décembre. Mardi, ils étaient près de 5400 à y avoir adhéré. Malgré la faible hausse au cours des dernières semaines, la porte-parole du mouvement, Karine Trudel, assure que tout se passe bien.

« Il y a eu la période des Fêtes. En janvier, nous avions prévu des rencontres plus stratégiques et avec les jeunes aujourd’hui, on lance un signal clair que le mouvement poursuit ses activités », mentionne-t-elle, rappelant qu’à la base, le mouvement existe pour les grands projets industriels, avec un oui conditionnel.

« C’est de l’expliquer de façon positive », précise-t-elle.