La revue Al13 a lancé, hier soir, son 39e numéro dont la une est consacrée au président du SNEAA, Alain Gagnon, troisième à partir de la gauche. Il est en compagnie d'Yvon D'Anjou, éditeur, de Bernard Angers, président du conseil d'administration du CQRDA, de Bertrand Tremblay, rédacteur en chef et d'André Dorion, directeur général du CQRDA.
La revue Al13 a lancé, hier soir, son 39e numéro dont la une est consacrée au président du SNEAA, Alain Gagnon, troisième à partir de la gauche. Il est en compagnie d'Yvon D'Anjou, éditeur, de Bernard Angers, président du conseil d'administration du CQRDA, de Bertrand Tremblay, rédacteur en chef et d'André Dorion, directeur général du CQRDA.

«J'ai un rôle à jouer, une place à prendre»

Normand Boivin
Le Quotidien
Le titre aurait pu être: Le grand dérangeant. Il dérange, et il le sait, mais n'en a rien à cirer. Un seul objectif compte pour Alain Gagnon: garantir un emploi pour les travailleurs du complexe Jonquière dans un contexte économique où les entrepôts de RTA débordent d'aluminium et où l'Arabie Saoudite est capable de livrer du métal gris dans les ports américains à 159$ moins cher la tonne que le Canada.
Ça n'arrive pas souvent qu'un président de syndicat fasse la une d'une publication associée à l'industrie, voire au patronat. Pour la revue Al13, en tous cas, qui consacre son 39e numéro au président du SNEAA sous le titre La bataille des titans, il s'agit d'une première.
«J'ai été séduit par son discours lors de son passage au Cercle de presse du Saguenay, explique son rédacteur en chef Bertrand Tremblay. Il est humain mais aussi fortement économique. Il est conscient des enjeux qui mènent l'industrie avec la concurrence de la Chine et du Moyen-Orient. Il a réussi à sauver Vaudreuil (production d'alumine à partir de la bauxite) et à prolonger la vie des précuites de Jonquière alors qu'elles devaient fermer avec Shawinigan.»
Mais pour Alain Gagnon, le combat est loin d'être terminé. L'industrie repose sur une poudrière constituée par les surplus qui, actuellement, équivalent à 30 semaines de production mondiale.
«Le monde est divisé en trois: il y a l'Asie, avec le producteur chinois, le Moyen-Orient, avec l'Arabie, et nous, l'Amérique du Nord. Et même si on oublie la menace que représentent les producteurs des deux autres régions, on a un défi de taille, car en décembre 2016, quand la prolongation de deux ans des salles de cuves de Jonquière sera terminée, il nous faudra placer 1070 travailleurs. Or, même si RTA annonçait la construction d'une usine demain matin, elle commencerait la production 16 mois après la fermeture de Jonquière. Il faut trouver une façon de faire travailler notre monde, dit Alain Gagnon. C'est possible, il y a des solutions et on y travaille.»
Une région à défendre
Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvida dit qu'il n'a pas hésité à se confier à la revue Al13. Il ne l'a pas fait pour se faire des amis, mais dans l'espoir d'aider l'industrie: «En tant que président d'un syndicat, j'ai un rôle à jouer. J'ai une place à prendre. La région est un producteur important et il faut pousser tous ensemble pour favoriser la transformation. Et ça ne se fait pas avec une chaise vide. Je me souviens qu'à l'époque où je parlais des effets que la mondialisation aurait sur notre industrie, on me disait que je fabulais. Mais là, on est en plein dedans.»o
Nboivin@lequotidien.com